ANB-BIA SUPPLEMENT

ISSUE/EDITION Nr 427 - 01/02/2002

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Malawi
Exploitation des mines
et fonds internationaux


ECONOMIE

Les efforts pour attirer des fonds internationaux pour l’exploitation des ressources minérales, semblent avoir été payants. Cinq projets ont été lancés à différents endroits du pays

Cinq projets d’exploitation minière ont attiré des fonds du Centre pour le développement des entreprises (CDE) de l’Union européenne. La bonne nouvelle a été annoncée par la Malawi Development Corporation (MDC). La recherche minière se fera conjointement par le conglomérat des compagnies locales appartenant à l’Etat (telles que la Press Corporation Limited et les Anglovaal Minerals) et la Corporation du développement international. Tout ceci est le résultat d’une réunion en octobre 2000 à Lusaka (Zambie) d’un forum minier parrainé par l’Union européenne, baptisé “Mines 2000”, convoqué par la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).

Un projet d’exploitation de mines de phosphate a vu ses débuts dans le district de Phalombe, dans le sud du Malawi. Cela donnera un bon coup de pouce à l’industrie des engrais (le phosphore étant un de leurs composants). La recherche de vermiculite a aussi commencé dans le district de Mwanza, également dans le sud du pays. Dans le district de Chitipa, dans le nord, on exploite déjà la roche de granite bleu. D’autres projets en vue sont le titane, dans le district de Salima dans la région centrale; et la gemme, la chaux dolomite, la stéatite, à Mzimba dans le nord. La bauxite est déjà exploitée dans la montagne de Mulanje, district de la région du sud, tout près du Mozambique.

Le directeur adjoint des opérations du MDC, Grain Malunga, estime qu’on a fait de réels progrès. «Les cinq projets miniers encore dans leur première phase seront un succès; d’autres éventuels investisseurs internationaux seraient intéressés et prêts à fournir des fonds».

Diversifier l’économie

Le Malawi dépend en grande partie de son agriculture. Le tabac constitue 75% de ses devises étrangères, mais son avenir est menacé par la pression de la campagne anti-tabac menée par l’Organisation mondiale de la santé, par la hausse du coût de production et par la surproduction dans d’autres pays. Les dépositaires économiques du pays cherchent donc une alternative pour l’exportation, et les mines pourraient faire l’affaire. Selon le département des études géologiques, le Malawi aurait plus de 385 millions de tonnes de réserves d’un grand choix de minéraux: or, charbon, sulfure de fer, sable lourd minéral, graphite, sable de silice, roche calcaire, uranium et d’autres.

En vue d’attirer les investisseurs étrangers, le gouvernement a supprimé les taxes sur l’équipement minier et étudie une nouvelle politique minière. Le département d’études géologiques, qui dépend du ministère des Ressources naturelles, a commencé des études pour déterminer les quantités des gisements minéraux, afin que les investisseurs puissent s’assurer qu’il y a des possibilités substantielles d’exploitation minière.

Le secteur privé a demandé au gouvernement de l’inclure dans ces projets, car le Malawi doit rivaliser avec d’autres pays de la région pour attirer les investisseurs potentiels dans l’industrie minière. Le Dr Exely Silumbu, un économiste de la Confédération des Chambres de commerce et de l’industrie du Malawi (MCCI), a instamment demandé au gouvernement d’accélérer son étude et d’en publier les résultats, pour que les investisseurs puissent connaître les quantités des différents gisements minéraux dont ils pourraient disposer. «L’exploitation minière demande une technologie très poussée. Il n’y a pas que le Malawi qui intéresse les investisseurs, ils cherchent là où ils pourront faire les plus gros bénéfices», dit Silumbu.

L’agence malawite pour le développement de l’exportation (MIPA) s’est lancée à fond dans la mise sur les marchés à l’étranger des minéraux du Malawi, surtout la bauxite dont la montagne de Mulanje contient de très grandes quantités et qui selon les experts est une alternative immédiate d’exportation pour un pays agricole comme le Malawi. «Il y a une foule de mineurs qui s’intéressent à la bauxite», dit Ted Kalebe, directeur général de la MIPA.

Les écologistes ont poussé des cris d’alarme. Selon eux, l’exploitation minière de la montagne de Mulanje va détruire l’environnement, et ils font du porte à porte en faveur de la protection de la flore, la faune et la vie des animaux très appréciés par les touristes étrangers qui, eux aussi, apportent des devises étrangères dont le pays a tant besoin. Mais après des études intensives, le gouvernement est arrivé à la conclusion qu’il n’y aura pas d’endommagement, puisque des mesures seront prises sur place pour la conservation de l’écosystème de la montagne de Mulanje.


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