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Bulletin "Droits de l'homme hebdo" n. 1 (extrait) Date:From:
Thu, 17 Sep 1998 12:05:49 퍭
"serv. informazioni Congosol" <congosol@skyol.it> To:AVANT - PROPOS
Recipient List Suppressed:;
Le feuillet " Droits de l'homme Hebdo " est une co-initiative ouverte des organisations non-gouvernementales des droits de l'homme dans leur souci de materialiser leur determination de collaborer plus etroitement en vue d'assurer une meilleure prise en charge des questions des droits de l'homme en republique democratique du Congo (RDC).
Dans la realisation de cette oeuvre commune des ONG, la collecte, le traitement
et la diffusion de l'information sur la situation des droits de l'homme dans le
pays constituent une des taches essentielles surtout en ces moments cruciaux ou'
la RDC est serieusement mise a' rude epreuve par une agression armee qui met
manifestement en peril son integrite' et sa souverainete'.
Dans ce contexte de dechainement des forces armees en presence, il est important
d'oeuvrer laborieusement non seulement pour le respect par les parties en
conflit de la charte des Nations Unies et de la charte africaine des droits de
l'homme et des peuples mais aussi pour le triomphe des conventions de Geneve sur
les appetits de conservation ou de prise de pouvoir par la voie des armes, un
mode d'acces au pouvoir qui, somme toute, ne peut garantir a' la population ni
l'avenement de la democratie, ni d'un Etat de droit charge' d'assurer, entre
autres, la securite' des personnes et des biens, le bien - etre social, bref,
le developpement integral conformement aux aspirations legitimes de la
population congolaise, profondement meurtrie et esquintee par plus d'une
trentaine d'annees de colonisation, de dictature, d'oppression et de misere les
plus devastatrices.
"Droits de l'homme Hebdo" s'ajoute a' bon nombre de bulletins de liaison des associations congolaises de defense des droits de l'homme, sans aucune ambition d'emulation. Il se veut simplement un feuillet complementaire d'information, et nourrit l'espoir de combler les deficits eventuels des faits dans un domaine aussi vaste que celui des droits de l'homme.
Toute contribution en vue d'ameliorer la qualite' du feuillet sera hautement appreciee.
ESQUISSE DE BILAN PROVISOIRE
Selon plusieurs sources concordantes, le nombre des blesses et des morts a'
Kinshasa lors des affrontements armes serait lourd depuis le mercredi 26 aout
1998.
En attendant la collecte de certaines donnees non encore disponibles, il y a
lieu de relever neanmoins quelques cas saillants, notamment :
Au centre de sante' Pilote de Masina :
1 blesse
La localite' Marechal/commune de Kimbanseke : 14 morts et 13 blesses sur la
riviere Tshuenge a' Mikondo dans la localite' Marechal
A Ndjili : 14 corps evacues (brules) , les restes d'un rebelle brule' a' cote'
de la boulangerie Alimenta ont ete' enterres.
Dans la concession de General Motors (GM) a' Masina /Q.I, le terrain est
transforme' en mini-cimetiere. Environ 12 corps y ont ete' superficiellement
enterres.
L'hopital Kimbanguiste dans la commune de Kimbanseke avait admis 118 blesses
dont 10 ont ete' liberes ces jours.
Dans la commune de Kimbanseke, on a enregistre' environ 214 blesses.
A l'hopital General de Kinshasa (ex Mama Yemo), du 13 aout jusqu'a'
l'acquisition de deux groupes electrogenes ( lundi 31 aout 1998) : Plus au moins
10 morts victimes de coupure d'electricite'.
A Mitende (village situe' a' une vingtaine de km de Kinshasa sur la route qui
mene vers Matadi), l'on parle de plusieurs cas de blesses non soignes a'
Kasangulu (Bas-Congo)
Difficulte :
Les secouristes de la croix-rouge du congo/Kinshasa par manque des gants ont
utilise' les chaussettes et sachets d'emballage pour l'evacuation de corps
parfois en decomposition. Ils ont recu un petit sachet de lait Cowbell et un
petit paquet de biscuits comme ration journaliere. (...)
TRAITEMENTS INHUMAINS, CRUELS ET DEGRADANTS
Les victimes de la guerre :
Attaques contre les femmes
En date du 28 aout 1998, vers 11h00', a' l'arret de bus " ZOO ", une femme a
ete' apprehendee par les militaires des Forces Armees Congolaises (FAC) avec
une arme dissimulee dans ses meches (sa coiffure).
Sous ce meme pretexte, on a enregistre' bien avant et apres plusieurs cas des
femmes en pantalon et en meches denudees, pantalon dechire' avec une paire de
ciseaux, meches coupees. Les hommes portant des sacs ont ete' l'objet de fouille
systematique et de harcellements, depouilles de leur argent et autres objets de
valeur, et les cartes d'identite' dechirees. Toute personne munie d'un appareil
de communication etait suspectee, l'appareil confisque' en subissant des menaces
de la part des militaires des FAC.
Attaques contre les malades mentaux
Il a ete' constate' plusieurs cas d'executions sommaires de fous assimiles aux rebelles et menaces de mort contre les personnes mal habillees et sales.
Homicide et prise d'otage perpetres par les rebelles
Il a ete' constate' plusieurs cas d'homicide dans les zones d'affrontements et
prise d'otage de la population par les rebelles. C'est le cas de M. Gerard
BISAMBU qui etait pris en otage avec sa famille et ravale' au role de domestique
pendant trois jours.
A la fuite des rebelles, plusieurs corps ont ete' retrouves dans plusieurs
maisons investies par eux.
Justice populaire : Supplice du collier
Dans le souci d'assurer son auto-defense, la population a sombre' dans la
perpetration des traitements inhumains, cruels et degradants a' l'endroit des
rebelles. Dans plusieurs coins de Kinshasa, on a assiste' a' des scenes
d'incineration, de lynchage et autres atrocites commises par la population a'
l'aide de pneus, essence, bois de chauffage...
En reaction, le gouvernement de la RDC a demande' a' la population de ne plus se
faire justice, et d'acheminer aupres de la police les rebelles captures.
DEGATS MATERIELS A KINSHASA-EST
Lors de bombardements aeriens et a' l'arme lourde des FAC sur la partie Est de Kinshasa assiegee par les contingents des rebelles, plusieurs maisons et edifices d'interet public et prive' ont ete' endommages :
Avec le declenchement de la guerre le 02 aout 1998, on a assiste' a' Kinshasa a' la chasse de la population d'origine rwandaise. Au total 165 personnes ont ete' ainsi amenees par les autorites congolaises au centre d'hebergement situe' au camp Kokolo a' Kinshasa/Bandalugwa. On a denombre' parmi eux 33 congolais et 25 etrangers, visites et assistes a' plusieurs reprises par le comite' international de la Croix-Rouge (CICR) qui a eu des entretiens individuels avec les concernes. Ceux-ci se plaignent des dures conditions d'hebergement.
Ces jours-ci, quelque 27 congolais ont ete' autorises de regagner leur famille apres verifications, notamment, de la cour d'ordre militaire.
Parmi les personnes ainsi hebergees, certaines sont candidates au depart ou non.
Il reste a' resoudre les problemes d'organisation et de securisation de
l'operation de leur reinstallation sur place ou de leur evacuation a' etranger.
Dans cette perspective, le gouvernement de la republique du Congo/Brazzaville
n'est pas dispose' a' recevoir la population Tutsi rwandaise candidate au depart
en raison de la presence sur son territoire d'environ 11.000 Hutu refugies. Il
reste donc a' leur trouver un pays d'accueil, le Congo - Brazzaville ne
servirait dans ce cas que de pays de transit.
Par ailleurs, des allegations persistantes font etat de deportation au Rwanda et en Ouganda de plusieurs sujets congolais. On signale des cas des traitements inhumains, cruels et d'executions sommaires, malgre' les conventions de Geneve dont le Rwanda et l'Ouganda sont signataires. Les gouvernements de ces deux pays ainsi que le CICR n'ont pas encore donne' suite aux pressantes demandes des renseignements sur le sort de ces congolais alors que le CICR visite meme les prisonniers de guerre a' Kinshasa.
ELAN DE SOLIDARITE EN FAVEUR DE LA POPULATION D'ORIGINE RWANDAISE
En depit de la chasse deploree aux personnes d'origine rwandaise, il subsiste
des liens de cohabitation dans plusieurs quartiers de Kinshasa, et ce, a'
travers plusieurs couches sociales. A titre indicatif, l'on note les cas ci
-apres :
La population Kinoise est victime de la flambee de prix suite a :
La depreciation de la monnaie congolaise par rapport aux principales devises
etrangeres : 1 $ US = 1,45 FC (avant la guerre) et 1$ US = 2,3 FC (pendant la
guerre).
L'impreparation et surtout l'impossibilite' de constituer des provisions en
biens de premiere necessite'.
La coupure d'electricite' a' dater du jeudi 13 aout 1998 par les rebelles.
L'interruption d'approvisionnement par voie routiere, feree, aerienne et
fluviale.
Le comportement incivique de certains soldats, policiers et civils dans la
speculation a' la hausse des prix.
Les mauvaises habitudes des transporteurs qui taxent la marchandise de leurs
clients non en fonction du trajet mais du prix de vente a' l'arrivee. (...)
---------------------------------------------------------------------------- Servizio informazioni Congosol
congosol@skyol.it
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