[55] Bulletin "Droits De L'homme Hebdo" N. 5

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Bulletin "Droits de l'homme hebdo" n. 5
Date:
Fri, 23 Oct 1998 19:13:25 퍭
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"serv. informazioni Congosol" <congosol@skyol.it> To:
Recipient List Suppressed:;




TORTURE

Monsieur Benjamin (26 ans), residant sur l'avenue Kembe n. 38 bis, au quartier Yolo - Sud, dans la commune de Kalamu, a ete' arrete' le 2 Septembre 1998 par la police au motif qu'il appartiendrait a' une association des malfaiteurs.
Incarcere' le meme jour a' l'inspection provinciale de la police de Kinshasa (ex -circo), il a ete' soumis a' des tortures atroces tout au long de son interrogatoire.
Tout son corps etait plusieurs fois taillarde' a' la pointe du poignard dans le but de lui arracher des aveux.
Enfin, les soldats lui ont loge' une balle dans le pied gauche. Decede' le 8 septembre 1998 en ces lieux d'incarceration, par manque des soins medicaux appropries, Benjamin Nzamba a ete' enterre' aux frais de l'Etat, a' l'insu de ses parents, suite a' la decomposition avancee du corps.


Le 15 septembre 1998, monsieur Lubelo Jonas, domicilie' sur l'avenue Division n. 6, quartier Sans Fil, dans la commune de Masina, a ete' arrete pour un conflit parcellaire qui l'oppose a' monsieur Iduma Christophe et madame Binda Matumona (mama Mulaso).
Il a ete' amene' au bureau de la detection militaire des activites anti-patrie (DEMIAP) alors que le dossier suivait deja' son cours normal au Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Ndjili.
Monsieur Lubelo sera soumis a' de fortes tortures afin de le contraindre a' signer un document dans lequel il accepterait de ceder la parcelle a' la dame precitee.
Puis, les soldats l'ont ligote' au dossier d'une chaise et lui ont administre' des coups de poing au visage et sur les cotes. Il sera libere' le 16 Septembre 1998 sur intervention d'un officier des Forces Armees Congolaises (FAC) indigne' par ces actes insolites de barbarie.



INSECURITE

La nuit du 29 septembre 1998, vers 2h 55, M. Kanza Mvunda, age' de 13 ans, eleve de son etat, a trouve' la mort au domicile familiale, sise avenue Lisala n. 18, quartier Bangu/Delvaux dans la commune de Ngaliema lors d'une agression perpetree par 7 hommes en uniforme, armes de fusils de guerre et portant de cagoules.
Son frere, Kiala Kimpasi, 28 ans revolus, interne jusqu'a' ce jour au pavillon 11 de l'hopital general (ex Mama Yemo) dans la commune de la Gombe, a ete' atteint d'une balle a' la jambe gauche.
Apres avoir tenu les occupants de la maison en respect, les 7 intrus ont emporte' un poste de radio, un sachet de sucre de 5 kilogrammes, une horloge alarme, des habits, des chaussures et une somme de 5$ Us qui se trouvait sur une malle.

Le 29 septembre 1998, vers 19h 00', quatre hommes en tenue civile, armes et roulant a' bord d'une voiture BMW, ont investi le domicile de M. Kashala situe' dans la foret Ndangi, quartier Sanga Mamba dans la commune de Ngaliema.
Apres une fouille systematique du dit domicile, ces elements armes ont emporte' une tres importante somme d'argent, des habits ainsi que tous les bijoux de madame Kashala qu'ils ont copieusement tabassee avant de quitter le lieu.
Monsieur Kashala qui a immediatement saisi le poste de police du quartier, puis l'inspection generale de la police (ex-circo) se sent toujours dans l'insecurite'.
Par ailleurs, la police du quartier se plaint de l'insuffisance de son effectif et du manque des moyens de deplacement et de communication pouvant lui permettre d'acceder a' d'autres postes en cas de necessite'.

Le 6 octobre 1998, vers 14 h00', six hommes armes et roulant a' bord d'une VW Golf Jetta de couleur verte, immatriculee KN 8473 BB, ont debarque' a' la chambre froide "Future creation du Congo", situe' a' proximite' du marche' Gambela (connu sous le nom de Mama Apenge).
Ils ont maitrise' la caissiere et lui ont arrache' bijoux, sac a' main et une importante somme d'argent estimee a' 15.000 Fc.
Pour echapper a' la garde de la chambre froide qui tentait de leur opposer la resistance, ces elements armes ont tire' des coups de feu en l'air qui ont seme' la panique dans tout le marche'.
Ils ont ensuite procede' a' la dispersion de quelques billets de banque afin de distraire la population du marche'.
Entre temps, ils ont repris la voiture pour se sauver.
Ils seront poursuivis par les elements de police en faction au marche' et seront rattrapes au croisement des avenues Saio et Victoire ou' ils ont, suite a' un accident devant eux, abandonne' la voiture pour gagner la brousse.
Quelques autres soldats et policiers, alertes a' l'instant meme, sont venus a' la rescousse des premiers et ont elimine' l'un des voleurs par balle avant d'en arreter deux autres qui tentaient de s'evader. Les assaillants seront achemines au camp militaire Kokolo dans la commune de Bandalugwa.
Notons qu'un policier ete' touche' au genou gauche pendant que les autres militaires procedaient au ratissage en vue de neutraliser les brigands.


TRACASSERIES DES ELEMENTS ARMES

A l'entree comme a' la sortie du quartier Mangengenge, dans la commune de Maluku, les soldats en faction a' la barriere erigee a' cet endroit ne rassurent pas les paisibles passants.
Ils confisquent les bandes cassettes, les appareils photographiques et quelques fois les postes de radio a' tout passant a' bord des vehicules. Ils dechirent, lors des controles, les cartes d'identite' datant de la IIeme republique sans aucun motif valable.


EXACTIONS CONTRE LES CONGOLAIS DONT UN PARENT EST D'ORIGINE RWANDAISE

Depuis l'agression de la republique democratique du Congo (RDC) par la coalition ougando-rwandaise, le 2 aout 1998, il n'y a pas que les sujets d'origine rwandaise qui ont ete' victimes de nombreuses exactions et de la colere du peuple congolais, mais egalement les congolais dont un parent est d'origine rwandaise.
Bon nombre d'entre eux ont ete' victimes de pillages, menaces d'execution et contraints de vivre dans la clandestinite' pour des raisons de securite'. Par ailleurs, les memes congolais sont traites aussi durement au Rwanda. Rejetes de partout, les congolais d'origine rwandaise ne savent plus a' quel saint se vouer.
Ceux qui ont aborde' droits de l'homme hebdo ont requis l'anonymat.


ENLEVEMENT

Dans la nuit du 28 au 29 septembre 1998, vers 2h 00 du matin, monsieur Guillaume Mpadi Kimbondo, representant legal de l'Eglise " MVUKA MABUNDU ", a ete' enleve' a' son domicile dans la commune de Ndjili, par 8 hommes en uniforme des forces armees congolaises (FAC), bien armes et portant des cagoules.
Les intrus ont visite' meme la chambre a' coucher de la victime qu'ils ont sommee sous menace des armes de leur remettre de l'argent. M. Guillaume Mpadi, sera jete' ensuite dans le vehicule de ses assaillants parque' a' proximite' de son domicile et amene' vers une destination inconnue.
Ils lui injecteront une drogue dont les effets s'etendront durant toute la periode de sa captivite'.
C'est le 4 octobre 1998 que l'infortune' sera abandonne' dans cet etat par ses ravisseurs a' la hauteur du quartier I/Ndjili, sur le boulevard Lumumba.


FLAMBEE DES PRIX

Un mois apres la guerre du front ouest de la republique democratique du Congo (RDC), les prix de certaines denrees alimentaires qui allaient a' la baisse ont repris de l'ascenseur.
C'est le cas des sacs de manioc et autres produits agricoles. Dans ses recherches, Droits de l'homme Hebdo a stigmatise' 3 phenomenes essentiels a' la base de la hausse des prix de ces produits. Il s'agit:

Rappelons qu'il existe 3 sortes de taxes officielles que les commercants paient a' l'Etat notamment: n la taxe agricole pour le compte de la commune qui s'eleve a' 0,30 Fc par sac de produit agricole; n la taxe de stationnement equivalant a' 15 Fc par vehicule pour le compte de l'Hotel de Ville; n du droit de parking pour le compte de la commune.

Apres paiement de chacune de ces taxes, une quittance est remise au commercant.


  1. Le commerce triangulaire: Il se fait a' 3 niveaux:
  1. au niveau de certains militaires et agents de l'ordre; 2. au niveau des femmes dites " Mamans manoeuvres ";
  1. au niveau de jeunes badauds dits: " Bana kwata ".

  1. Militaires et agents de l'ordre Certains elements armes en faction aux parkings et aux ports prennent carrement la place des vendeurs et livrent la marchandise aux acheteurs (revendeurs) a' un prix plus eleve' que celui fixe' par le marchand afin de s'octroyer une commission qui, generalement, avoisine le prix reel.

  2. Les " mamans manoeuvres " A l'instar des soldats, ces femmes achetent avec leur propre argent, ou, a' defaut, prennent a' credit une quantite' importante de marchandise et la font acheter aux revendeurs a' un prix exorbitant dans lequel elles trouvent leur compte.

  3. Les " bana kwata " (entendez " enfants, cherchez les clients ") Tres dangereux, et souvent escrocs, ces jeunes badauds s'entendent avec les proprietaires des magasins ou les commercants afin de leur trouver des clients. D'ordinaire, ils ajoutent leur commission aux prix exiges par les marchands. Quelquefois, ils prennent l'argent des clients et disparaissent dans la melee.


  1. Tracasseries policieres aux points de vente

Certains soldats ou agents de l'ordre, dans le but de se faire payer un pot de vin, tapent sur les foules des acheteurs dans des parkings ou aux ports. Ainsi, ils ouvrent la voie d'acces a' la marchandise a' celui qui leur remet un peu d'argent.

  1. PROTESTATION CONTRE LE PHENOMENE " DOLLARISATION ".

Le 7 octobre 1998, les operateurs economiques libanais ont, tot le matin, a' l'ouverture des magasins, procede' au changement des prix des articles a' la hausse.
Selon eux, le dollar americain qui s'etait echange' a' 2,60 Fc la veille equivalant a' 3,40 Fc, voire 3,60 Fc ce matin-la'.
La depreciation inopinee du franc congolais a frustre' la population et l'a conduite a' un mouvement de protestation devant les magasins des sujets libanais.
Paniques, les libanais fermeront les magasins afin d'eviter le pire, car, la population s'appretait a' les pourchasser.
Alertes, les agents de police procederont a' l'arrestation des operateurs economiques libanais et des congolais qui voulaient suivre le rythme. Tous ces commercants seront achemines au bureau de la police situe' dans l'immeuble Kin Maziere situe' au centre ville, dans la commune de la Gombe. L'ordre leur sera intime d'ouvrir les magasins et de vendre au prix de la veille et d'encaisser les signes monetaires locaux au taux officiel de 1,75 FC.


CONFUSION AUTOUR DU TAUX DE CHANGE

Depuis l'agression de la RDC par la coalition ougando-rwandaise, le marche de change des devises est soumis a' des fluctuations spectaculaires. La population ne parle pas le meme langage, d'une part, avec les cambistes, d'autre part, avec les operateurs economiques qui, afin de faire face a' l'inflation et arriver a' refaire les stocks, augmentent les prix des articles au jour le jour.
De plus, la banque centrale qui fixe le taux officiel de change ne detient pas des reserves suffisantes en monnaies etrangeres qui lui permettent de maintenir la stabilite' de change.

Cette defaillance oblige le recours au marche' parallele (ou marche' noir) qui fait echapper au pouvoir public le controle de la gestion du taux de change.
Pour preuve, depuis fin juillet jusque debut octobre 1998 (soit l'espace de 2 mois), le dollar americain s'est echange' successivement a' 1,45 Fc, puis 1,80 Fc, 2,60 Fc pour passer immediatement a' 3,60 Fc sans raison valable. A la date du 11 octobre 1998, il s'est echange' a' 2,80 Fc sur le marche' parallele, alors que le taux officiel fixe' par la banque centrale demeure de 1,75 Fc.



LE TRANSPORT, UN AUTRE CALVAIRE POUR LA POPULATION KINOISE

Depuis le 10 octobre 1998, la population kinoise est confrontee a' de serieux problemes de transport qui l'obligent a' parcourir d'enormes distances a' pied.
Plusieurs personnes qui n'ont pas su rejoindre leur domicile le 10 octobre soir, apres avoir attendu en vain les transporteurs au niveau de la place dite Immo -Congo (ex-20 mai), ont passe' la nuit a' la belle etoile en ce lieu, avec tous les risques que cela comporte en ce temps de guerre.

On observe de longues files de vehicules devant des stations de carburant. Les taxi et autres vehicules de transport en commun qui sont servis preferent parcourir la moitie' des trajets qu'ils font ordinairement. Car, ils estiment que, le carburant ayant augmente' de prix de 0,78 a' 0,85 Fc, >eux aussi doivent majorer le tarif du transport.
Cela n'est pas l'avis du gouvernement qui a prefere' negocier avec le petrolier pour revoir le prix du carburant a' la baisse.



REFECTION DES MAISONS DETRUITES A KINSHASA LORS DE LA GUERRE

Les autorites urbaines de la ville de Kinshasa qui avaient promis la refection des maisons detruites par les obus a' Kinshasa -Est lors de l'agression armee perpetree par la coalition ougando-rwandaise n'ont pas encore reagi effectivement.
Il s'agit des quartiers Mikondo, Masina III et Kingasani/Terminus.

Toutefois, craignant le retour imminent de la pluie, plusieurs proprietaires et locataires se sont pris en charge en retapant leurs maisons d'habitation, celles de culte et/ou d'affaires.
C'est le cas du complexe commercial situe' sur le boulevard Lumumba a' Kingasani -Terminus, ainsi que l'eglise de Dieu de la prophetie que les adeptes ont refaite en attendant l'intervention des autorites.



LA SITUATION A L'EST DU CONGO

KINDU Jusqu'a' la date du 10 octobre 1998, les habitants de Kindu ont continue' a' rester dans leurs maisons suite au ratissage qu'effectuaient les FAC et allies afin de les proteger contre d'eventuels agresseurs caches.

KISANGANI A Kisangani, la population a timidement repris les activites commerciales pour la survie.
Quelques marches et magasins sont ouverts au public sinistre' et demuni par des guerres qui se sont succede' en un laps de temps.
En effet, parmi les retombees des affrontements armes anterieurs, on peut citer: - le manque d'emploi remunerateur pour les personnes assainies; - le non paiement des salaires de la plupart des fonctionnaires et agents de l'Etat...
Dans l'attente de se voir liberees prochainement de la coalition ougando -rwandaise par les elements des FAC, les populations de la province Orientale sont animees d'un double sentiment, a' savoir: - l'espoir d'etre effectivement liberees; - la peur de subir des pertes en materiels et en hommes lors des affrontements armes qui interviendront.
La population souhaite que les agresseurs se retirent de son territoire viole', ou alors que les armees visent seulement les objectifs militaires; et, ce, dans le but de respecter la Convention de Geneve relative a' la protection de la population civile lors de la guerre.


Les commercants de Kisangani et de Kindu parlent

" Droits de l'homme Hebdo " a ete' aborde' par un groupe de plus de 60 habitants de Kindu et Kisangani dont la majorite' sont des commercants. Bloques a' Kinshasa pour raison de guerre, ils avaient, peu avant les affrontements, expedie' leur argent et leurs marchandises dans leur ville d'origine.
Actuellement, demunis, ils connaissent d'enormes problemes, a' savoir: - menaces d'etre deloges des hotels par manque de possibilites financieres pour honorer les factures; - difficultes de survie par manque de sources de ravitaillement; - incapacite' de payer les soins medicaux; - chomage impose'...

Les commercants infortunes souhaitent que les ambassades et les organisations non gouvernementales qui ont dans leur programme l'assistance humanitaire portent sur eux une attention particuliere et les assistent comme victimes de guerre, loin de leurs familles, prives de leurs activites de suivie.
A toutes fins utiles, les necessiteux prient les personnes interessees de les contacter a' leur siege, sise avenue Kato n. 108, commune de Kinshasa (voir Association des commercants de Kindu et Kisangani - ACKIS-)



ACTIVITES

Le mardi 6 octobre 1998, le feuillet " Droits de l'homme Hebdo" a ete presente' officiellement au cours d'une conference de presse animee conjointement par les associations co-realisatrices.
Cette conference a ete' rehaussee de la presence des pouvoirs publics, des journalistes, des missions diplomatiques et ONG de la societe' civile.

Le 9 octobre 1998, en presence des representants des pouvoirs publics, des missions diplomatiques et la presse, le " Comite' Droits de l'homme, Maintenant !" a organise', au siege de l'unite' de production du programme d'education civique (Upec) a' Kinshasa/Gombe, la ceremonie de lancement de la compagne pour la culture de paix et le respect du droit a' la vie de la personne humaine.

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