[7] Le Rapport De L'ONU Accuse Kinshasa Et Kigali

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Le rapport de l'ONU accuse Kinshasa et Kigali
Date:
Thu, 2 Jul 1998 20:08:34 +0200
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congosol@skyol.it




N A T I O N S U N I E S
Bureau de la coordination des affaires humanitaires
IRIN - Afrique Centrale et de l'Est


IRIN-CEA : Bulletin quotidien no 449 d'information sur l'Afrique Centrale et de l'Est (mercredi 1er juillet 1998)

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO (DRC)/ RWANDA

Le rapport de l'ONU accuse Kinshasa et Kigali

Le rapport des droits de l'homme de l'ONU, base sur l'enquete interrompue des presumes massacres en RDC, conclut que les forces fideles au President Laurent -Desire Kabila avaient deliberemment tue les refugies rwandais hutus pendant la campagne, qui a renverse le dictateur Mobutu Sese Seko et porte M. Kabila au pouvoir, il y juste un an. Le rapport compile par l'equipe d'experts en droits de l'homme demande qu'un tribunal international soit mis en place pour juger les "graves violations des droits de l'homme". Le rapport, qui a ete remis hier (mardi) au Conseil de securite de l'ONU, indique que des refugies rwandais, dont beaucoup n'etaient pas des extremistes armes, ont ete massacres en grand nombre. Cependant, il ne qualifie pas ces massacres de genocide, disant que les preuves partaient dans cette direction mais qu'il faudrait des enquetes supplementaires pour pouvoir l'affirmer. Dans une lettre d'introduction, le Secretaire General de l'ONU, Kofi Annan, a souligne que la conclusion de l'equipe, qui confi rme que des tueries ont ete perpetrees par les forces de l'Alliance democratique pour la liberation du Congo-Zaire (AFDL), indique l'existence de crimes contre l'humanite, de meme que le refus d'assistance humanitaire aux refugies rwandais hutus.


  1. Annan a retire l'equipe en avril dernier, a cause de "l'absence totale de cooperation" de la part du gouvernement congolais. L'equipe avait pour mandat d'enqueter sur les violations des droits de l'homme et du droit humanitaire international qui auraient ete commises en RDC jusqu'au 31 decembre 1997.

L'armee rwandaise egalement accusee

Le rapport detaille les preuves de l'actuelle et l'ancienne implication des troupes rwandaises dans les massacres, et les tentatives du gouvernement congolais de les proteger. Il indique egalement que, de la mi-octobre a la mi -novembre 1996, l'AFDL et des membres de l'Armee patriotique rwandaise (APR) ont attaque des camps dans le Nord et le Sud Kivu, ou se trouvaient des refugies ainsi que dans presque tous, voire dans tous les cas, des membres de l'armee opposes au gouvernement rwandais. Le rapport signale que les obstacles places par le gouvernement de M. Kabila, ont rendu impossible la confirmation ou la refutation de la plupart des allegations, mais a precise qu'il avait ete possible de confirmer que les soldats de l'armee rwandaise avaient participe et etaient encore impliques dans certaines tueries.

"Des centaines de personnes non armees ont ete capturees et executees suite a l'attaque sur le camp de Mugunga en novembre 1996, et de nombreux civils non armes ont ete pourchasses et executees, apres avoir fui les attaques perpetrees sur ce camp et sur d'autres", stipule le rapport. Les massacres ont ete commis par l'AFDL "dans certains cas avec la participation de la milice Mayi-Mayi". Ces tueries representent une violation du droit humanitaire international et a cause de leur nature systematique pourraient bien constituer des crimes contre l'humanite", souligne le rapport. Toujours selon ce rapport, l'AFDL a egalement perpetre vers novembre 1996 un certain nombre de massacres de civils dans les villages hutus zairois dans le Nord Kivu, qui constituent aussi de graves violations du droit humanitaire international.

Le rapport ajoute qu'en mai 1997, des centaines de Hutus rwandais non armes ont ete massacres a Mbandaka et dans la ville voisin de Wendji par les troupes de l'AFDL, apparemment sous commandement effectif de l'APR. "Des expertises medico -legales indiquent que des corps ont ete retires d'un charnier a Mbandaka, ce qui corrobore avec les temoignages selon lesquels des efforts avaient ete faits pour 'nettoyer' de tels sites avant l'arrivee de l'equipe". L'AFDL a egalement oblige un grand nombre de civils a fuir dans des regions tres peu peuplees, les mettant dans des conditions de vie extremement difficiles, et en a refuse l'acces aux organisations humanitaires pour soigner les personnes malades ou blessees non cambattantes, "autre action qui peut constituer un crime contre l'humanite".


Le rapport trouve qu'il existe des preuves tangibles de genocide, indiquant que les attaques sur les camps dans le Nord Kivu en 1996 "revelent l'intention d'eliminer ces Hutus rwandais qui etaient encore au Zaire".

Parmi ses recommandations, le rapport specifie notamment que si un nouvel organe d'investigation est cree, il devrait se concentrer sur la responsabilite des massacres qui ont eu lieu lors des affrontements inter-ethniques dans le Nord et Sud Kivu a partir de mars 1993; sur les graves violations des droits de l'homme qui auraient ete commises dans les camps etablis dans l'est du Zaire de juillet 1994 a octobre 1996; sur l'etendue de l'implication de l'APR depuis octobre 1996; sur l'etendue de la participation de troupes etrangeres dans les graves violations des droits de l'homme et du droit humanitaire commises pendant le conflit arme, et sur les intentions a l'origine des massacres de Hutus rwandais et zairois au debut d'octobre 1996.

La RDC et le Rwanda rejetent le rapport

Ce rapport a d'abord ete presente aux gouvernements rwandais et congolais. Dans sa reponse longue de 32 pages, Kinshasa a qualifie le rapport de "document dangeureux qui, contrairement aux ideaux de la paix et de la securite internationales, propages par l'ONU, exacerbe la haine ethnique entre les Hutus et les Tutsis, en simplifiant de trop les problemes complexes qui existent en grand nombre dans la region des Grands Lacs". Dans une lettre adressee au Secretaire General de l'ONU, l'Ambassadeur de la RDC, Andre Mwamba Kapanga, a qualifie le rapport de "collection d'allegations sans fondement".

Kigali a repondu que le rapport etait "emotif et depourvu de temoignages credibles". "La publication d'un tel rapport incomplet, partial et trompeur ne sert pas la cause des droits de l'homme et pourrait compromettre la possibilite de parvenir a la verite sur ce qui s'est passe", precise la reponse rwandaise.

Le gouvernement rwandais a souligne que "sur les 98 paragraphes contistuant la partie essentielle du rapport, ce dernier consacre 48 paragraphes a decrire les frustrations des membres de la commission, comme si cela faisait partie de leurs termes de reference". Il a declare le "rejeter categoriquement et etre choque par l'insinuation dans le rapport selon laquelle les soldats gouvernementaux rwandais ont commis une quelconque violation des droits de l'homme contre une partie de sa propre population ou toute autre, dans l'ex-Zaire". Le gouvernement rwandais "regrette qu'il y ait eu une sensibilisation intensive et selective ainsi qu'un travail de lobbying sur certains etats membres des Nations Unies a propos de ce rapport avant meme sa publication".

Kabila dit que le rapport est une "pure fabrication"

Exhortant tous les Africains a rejeter ce rapport, M. Kabila a indique a la radio francaise, lors d'une interview, que le rapport etait rempli de "pures fabrications et de mensonges". Il a declare que ce "faux rapport" avait ete compile par des "oiseaux de nuit retrogrades, champions de la machination et de la desinformation", qui jusqu'a recemment ont soutenu Mobutu jusqu'au "rale" de son regime. ---------------------------------------------------------------------------- Les informations contenues dans ce bulletin vous sont parvenues via IRIN, un departement d'informations humanitaires des Nations Unies, mais ne refletent pas necessairement les vues des Nations Unies ou de ses agences

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