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trois documents par CDH - LubumbashiDate:
Mon, 8 Feb 1999 16:18:58 퍝 (MET)From:
"serv. informazioni Congosol" <congosol@skyol.it> To:source: CDH
gruppi 1 2 <congosol@skyol.it>
Les 3 organisations qui ont ete sur le terrain on interroge certaines familles des victimes et d'autres personnes rencontrees dans les villages autour de Makobola. Les deux organisations qui ont travaille a Bujumbura et Bukavu ont procede a des recoupements des temoignages des rescapes, et ont compare les decomptes des rescapes et des victimes aux resultats du dernier recensement que l'une d'elles avait effectue a Makobola en 1996 au moment de la distribution des aides humanitaires.
Les chiffres avances par les uns et les autres vont de 432 a 509 personnes tuees.
Des groupes de la societe civile du Sud-Kivu disent par ailleurs avoir, sous le sceau de l'anonymat, recueilli des temoignages dans les milieux politiques et militaires du RCD, en particulier aupres des officiers congolais qui se disaient revoltes par l'ampleur des massacres qu'ils ont entierement imputes aux militaires de l'armee rwandaise. Une dizaine d'officiers qui etaient sur les lieux au moment des massacres ont ete arretes, trois (dont un congolais) ont ete achemines a Bukavu et d'autres auraient ete rapatries au Rwanda, dans le but apparent de les soustraire a toute eventuelle enquete. Un des officiers congolais impliques dans l'enquete ordonnee par le RCD aurait declare devant des temoins, sans autre precision, qu'il y a eu "plusieurs centaines" de tues et que "tous ont ete tues par des soldats tutsi, sur ordre des chefs tutsi". Il estimait n'etre qu'un "simple bouc emissaire".
Toutes ces conclusions et listes seront mises a la disposition du Rapporteur Special de la Commission des droits de l'homme des Nations Unies, Roberto Garreton, dont la visite au Kivu est prevue autour du 20 fevrier prochain. Les cinq organisations ainsi que tous les autres groupes des droits de l'homme du Kivu, disent avoir l'intention de plaider aupres du Rapporteur special Roberto Garreton pour que le Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits de l'homme et le Conseil de Securite examinent la necessite d'une enquete internationale impartiale sur les massacres de Makobola et d'autres massacres precedents ou subsequents. Ces groupes font en effet remarquer qu'il n'y a pas qu'a Kasika et Makobola ou Katana que les soldats du RCD sont en train de tuer. Ils font savoir que des executions sommaires des populations civiles sont signalees quotidiennement. Ils signalent l'exemple des villageois de Mugogo, a Walungu, qui "ont enterre entre 5 et 10 corps par semaine, entre decembre 1998 et janvier 1999". "Ces corps", precisent les groupes, "sont retrouves dans la plantation de the d'Irabata et dans des boisements autour du camp militaire qui a ete installe la -bas pour attendre les Mayi-Mayi. Les documetns d'identite des ces personnes tuees sont arraches par les soldats; ce qui empeche aux villageois de les identifier. Seulement, cinq personnes ont ete identifiees cette semaine". [il s'agit de la semaine du 1er fevrier].
* 14 paysans viennent d'etre tues a Walungu par les soldats du RCD au courant de
cette semaine. Il s'agit de:
* Les Mayi-Mayi viennent de s'affronter, a Mulamba/Collectivite de Ngweshe, en territoire de Walungu, a un groupe d'Interahamwe qui semait l'insecurite (extorsions, viols) au marche de Kankinda et dans les villages de Mulamba. Les Mayi-Mayi ont abattu 6 Interahamwe; les autres ont fui. Le calme est revenu dans ce groupement
"Des faits inquietants sont observes au Kivu ces derniers jours", indiquent -ils. Ils ajoutent que les "affrontements" entre soldats APR et Banyamulenge [dont la presse a parle il y a une semaine] doivent se lire sous un autre angle. Ils ne croient pas aux allegations selon lesquelles les banyamulenge se revolteraient contre le Rwanda. Ils font remarquer a cet effet que les dirigeants banyamulenge qui repetent chaque jour qu'ils ne sont ni avec l'Afdl ni avec le RCD, n'ont jamais emis la moindre reserve, ni sur la presence des troupes rwandaises, ni sur leurs actions, notamment les abus repetes des droits de l'homme dont ces troupes se rendent coupables chaque jour, y compris les massacres, tortures et autres attaques contre les populations civiles. Il semble au contraire, d'apres les groupes locaux, que la complicite entre banyamulenge et dirigeants militaires rwandais est plus que jamais etroite et que les deux meneraient des actions coordonnees qui inquietent la population.groupes du Sud-Kivu se referent au fait que le mouvement de retrait des soldats banyamulenge sur les collines avait, a chaque fois, precede une attaque/une operation militaires: la premiere "rebellion" AFDL en 1996 et la mutinerie des soldats banyamulenge en fevrier 1998]. De plus, signalent les groupes, "l'eveque Gapangwa s'est envole pour Rome, sans raisons apparentes, et pour un long sejour !", ce que les groupes disent leur rappeler les absences precedentes, parfois longues, du meme eveque chaque fois avant une attaque ou une operation similaire des troupes rwandaises/banyamulenge. [Note: Mgr Gapangwa, un munyamulenge, est l'eveque d'Uvira; dans l'opinion publique au Sud-Kivu, il passe pour etre un soutien (certains vont parfois jusqu'a lui donner un role plus actif) des actions armees des banyamulenge. Une part importante de telles accusations pourrait etre simplement liee a son appartenance tribale.]Ainsi, les dirigeants de la societe civile observent que ces derniers jours, le Rwanda amasse chars et troupes a Bukavu et a Uvira, et pendant ce temps, les soldats banyamulenge se retirent, comme en 1996 et 1998 (fervier) sur les hauts -plateaux. [Note: ces deux dates invoquees par les
D'autre part, les groupes disent etre au courant d'indiscretions dans le milieu des hauts officiers rwando-burundais qui auraient laisse croire qu'une nouvelle attaque serait en preparation, pour mi-fevrier - mars, au Kivu". Voici ce que les groupes ecrivent:"Il s'agirait de la 'guerre d'occupation du Kivu' dont on a deja entendu parler, et qui serait deja au point. Si l'information, telle que donnee par un haut officier, est vraie, le Kivu risque de verser dans un veritable bain de sang dans les jours qui viennent. Apparemment, les banyamulenge ont decide de passer a la grande vitesse, et de declencher leur guerre, sous le couvert du Rwanda, et a la barbe du RCD qui, de ce fait, devrait voler en eclats".
Les groupes qui donnent toutes ces informations esperent qu'elles seront accueillies autrement qu'avec le mepris qui a parfois ete reserve a des informations similaires que les memes groupes avaient precedemment publiees. Ils rappelent avoir note la preparation de la guerre de 1996 longtemps avant les services secrets de Mobutu, celle de la mutinerie de fevrier 1998 longtemps avant les services secrets de Kabila. Ils disent avoir ete temoins, depuis mars/avril 1998, des signes de preparation de la guerre actuelle. A chaque fois, s'indignent-ils, leurs declarations etaient traitees au minimum comme motivees par le "climat general de haine anti-tutsi ou anti-rwandais" que les acteurs etrangers (presse, decideurs politiques) croient etre le trait dominant des evenements au Kivu.
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