[1] S.I.C.: Appel Du 14 Novembre 1998
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Subject:
S.I.C.: appel du 14 novembre 1998
Date:
Tue, 17 Nov 1998 12:55:50 퍭
From:
"serv. informazioni Congosol" <congosol@skyol.it> To:
Recipient List Suppressed:;
source: ANB-BIA
WEEKLY NEWS - special ISSUE of: 17-11-1998
Ci-dessous le dernier appel du SIC
date' du 14 novembre 1998
paco anb-bia bruxelles
S.I.C. (Source independante du Congo)
14 novembre 1998
APPEL
Une population qui vit entre espoir et decouragement
- La prise de la ville de Kindu par les forces de la "Rebellion", le 12
octobre dernier, a ete pour la population du Kivu un coup psychologique tres
dur. L'espoir de la contre- offensive promise par le gouvernement de Kinshasa
s'etait evanoui.
- Une semaine plus tard, le 17 octobre, le gouverneur de la province du Sud
-Kivu, le professeur Jean-Charles Magabe, profitant d'une mission officielle du
cote d'Uvira, prenait la fuite pour aller se refugier en Belgique. Sa fuite et
ses declarations pour denoncer une situation de domination devenue intolerable,
ont constitue un geste retentissant et courageux, bien apprecie par la
population. Par contre, ce fait imprevu a ete ressenti avec un sentiment
d'embarras et de hargne de la part des dirigeants de la "Rebellion" qui, faute
de mieux, ont voulu se venger sur les cinq membres de la delegation qui
accompagnaient le gouverneur. Arretes a Bujumbura, ceux-ci ont ete emprisonnes a
Bukavu sous l'accusation d'avoir ete complices. Enfermes dans le cachot de la
BSRS (Brigade speciale de recherche et de securite), on a craint pour leur sort.
Finalement, ils ont ete liberes en date du 6 novembre.
- Le jour meme ou le gouverneur Magabe se refugiait en Europe, dans la
ville de Bukavu se deroulait dans l'indifference presque generale de la
population, une "marche de soutien", suivie d'un meeting, organises par les
dirigeants de la "Rebellion" pour celebrer la victoire de Kindu. Les quelques
centaines de Bukaviens qui, par contrainte ou par curiosite, participaient a
cette manifestation, ont suivi dans une ambiance glaciale les differents
discours creux et agressifs des autorites tutsi: le maire de la ville, T.
Mutware, le vice-gouverneur, B. Serukiza et le charge des relations exterieures
du RCD, Bizima Karaha.
Au meme moment, une grande foule venant des quartiers populaires de Kadutu et
Cimpunda traversait la ville pour aller enterrer un jeune homme de 26 ans,
Nyenyezi Bahati, lachement assassine la veille par un militaire. Ces sortes
d'assassinats qui continuent a endeuiller la ville sont devenus monnaie courante
et contribuent a maintenir la population dans la terreur.
- A titre d'exemple, voici quelques autres victimes des assassinats qui ont
eu lieu ces derniers temps a Bukavu et aux alentours.
- Le 27/9: Mr Shabade, en rentrant a la maison apres avoir ete a l'hopital
voir sa femme qui venait
d'accoucher, est tue par quatre militaires.
- le 1/10: Mr Nkashama est enleve de sa maison par les militaires et
assassine environ une heure plus tard. Son cadavre est abandonne sur la route
pres de l'ISP.
- Le 16/10: Mr Bahati est assassine par balle par une patrouille de six
militaires.
- Le 28/10: Mr Ngasi Okubikaba, habitant du quartier de Mulengeza, est
assassine par des militaires qui saccagent sa maison et brutalisent sa famille.
- Le 1/11: Furaha Nvuzabagoma, une jeune fille de 17 ans du quartier de
Cimpunda, ayant refuse de suivre un militaire, est lachement abattue d'une balle
dans la tete.
- Le 3/11: Les habitants du quartier Cihamba font une decouverte macabre
qui choque toute la ville: jetes parmi les ordures, ils trouvent les cadavres de
12 personnes ligotees qui ont ete assassinees a l'arme blanche. Avant qu'on ait
eu le temps de bien identifier les victimes, un camion a ete envoye la nuit
suivante pour ramasser les cadavres et les faire disparaitre.
Dans les differentes localites de l'interieur de la province, les cas
d'assassinats et de tueries perpetres par les militaires sur la population sont
beaucoup plus nombreux, meme s'il n'est pas aise d'en avoir la documentation. Le
cas suivant peut suffire pour en avoir une idee.
- Le 28/10, dans le village de Bushaku (zone de Kalehe), des militaires
tutsi rwandais, de retour apres un accrochage avec les combattants May-May, ont
assassine a titre de represailles, le vieux chef du village, Mr Kaswela Alphonse,
age de 75 ans, brule vifs sa femme, M'Cibolo Madeleine, et son petit-fils, et
egorge un enfant de 10 ans, Jules Kamwenda-Fataki.
- Face a tous ces faits et a cette violence qui sevit partout, le
decouragement risque de prevaloir sur les raisons d'esperer. La population du
Kivu se sent de plus en plus abandonnee entre les mains des envahisseurs qui,
eux, continuent de poursuivre leur plan de domination. Pour renforcer leur
presence au Sud-Kivu, ils ont procede dernierement au deplacement de toute la
population tutsi- Bavyura (a peu pres 20.000 personnes) residente dans la zone
de Moba, au nord-est du Katanga. Ils sont en train de les installer dans la zone
d'Uvira, au grand mepris des populations congolaises qui se voient confisquer
leurs terres et ravager leurs champs par les troupeaux de vaches des nouveaux
venus. Tout l'effort d'assistance humanitaire des rares organisations encore
presentes et actives au Kivu est detournee en faveur de cette operation.
Rien n'est fait, au contraire, en faveur des autres populations congolaises
qui vivent dans une detresse souvent plus grande. En effet, a cause de cette
guerre, beaucoup de gens ont du fuir leurs villages pour se refugier dans la
foret ou se deplacer chez les habitants des contrees voisines. C'est le cas,
pour ne se referer qu'au Sud-Kivu, des populations de Bunyakiri, Kalonge,
Nyabibwe, Kasika-Mwenga, Kitutu, Shabunda...
Ce contraste reel et criant ne fait que stimuler la haine au sein des
populations congolaises et favoriser des sentiments de revolte.
- Malgre l'aveu officiel fait le 6/11 a Pretoria par le vice- president, le
general Paul Kagame, de la presence des troupes rwandaises au Congo, et malgre
les revelations faites a la presse par l'ex-gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Charles
Magabe, confirmant la situation de domination intolerable qui prevaut dans cette
region, on a le droit de se demander: "Qu'est-ce qui retient la communaute
internationale d'intervenir d'une facon claire et efficace?"
Le 14 novembre 1998.
S.I.C. (Source independante du Congo)
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