[3] Reaction Du Groupe AMOS Au Projet De Constitution

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reaction du groupe AMOS au projet de constitution Date:
Wed, 18 Nov 1998 13:45:04 퍭
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"serv. informazioni Congosol" <congosol@skyol.it> To:
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Projet de constitution
Le groupe Amos demande un moratoire de trois mois avant le referendum constitutionnel

Dans une declaration rendue publique le 14 novembre 1998 et intitule': "pitie', pitie' pour ce peuple meurtri", le groupe laic de reflexion "Amos" sollicite du gouvernement un moratoire de plus ou moins trois mois sur le projet de constitution "afin de permettre au souverain primaire de s'impliquer positivement et de se prononcer librement". Le groupe Amos considere, en effet, que l'elaboration et l'adoption d'un projet de constitution dans un etat de droit est un devoir civique. De ce fait, il n'est pas normal qu'"un groupe de compatriotes s'arroge le droit d'engager toute la population quand il est clair que celle-ci ignore tout des veritables intentions des initiateurs".

Le groupe Amos estime que les efforts devraient d'abord etre conjugues pour liberer le territoire national et permettre a' tous les congolais d'exprimer leurs opinions.



Ci-apres, la declaration du groupe Amos.

Depuis le 28 octobre 1998 circule un projet de constitution volumineux de 95 pages et plus, transmis a' certains groupes d'opinion cibles par le pouvoir pour "avis et considerations a' communiquer au plus tard le 16 novembre 1998 au cabinet du president de la republique".

Le groupe Amos tient a' louer cette initiative tendant a' doter notre pays longtemps martyrise' d'un cadre juridique pouvant l'aider (enfin) a' asseoir un reel etat de droit. Cependant, des interrogations demeurent.

Dans un pays en guerre et divise', en proie a' toutes sortes de difficultes, ou' la souffrance cotoie la misere qui se manifeste sous diverses formes, sommes nous suffisamment sereins et libres interieurement pour discuter d'un probleme aussi vital et dans un delai aussi court?

Pour mettre fin a' des atrocites sans nombre, a' des tueries monstrueuses, a' des exactions de tous genres, a' des brimades et a' des vexations qui s'apparentent a' l'esclavage dans certaines provinces sous occupation, la priorite' absolue ne serait-elle pas d'abord de mettre fin a' cette guerre injuste nous imposee par la coalition tutsie?

Nos efforts ne devraient-ils pas etre conjugues chaque jour dans la recherche des voies et moyens pacifiques debouchant sur un dialogue franc et sincere entre protagonistes pour fumer le calumet de la paix et enterrer definitivement la hache de guerre?
Ne devrait-on pas eviter de poser des actes de nature a' discrediter davantage le pouvoir deja' fragiliser et susceptibles de creer des tensions inutiles dans la population?

L'elaboration et l'adoption d'un projet de constitution dans un etat de droit etant un devoir civique de tous les citoyens, comment comprendre, imaginer et tolerer qu'un groupe de compatriotes s'arroge le droit d'engager toute la population quand il est clair que celle-ci ignore tout des veritables intentions des initiateurs?

Toutefois, le groupe Amos, soucieux de preserver les acquis de la CNS notamment son projet de constitution et demeurant ouvert a' l'evolution de l'histoire de notre pays, par patriotisme, a lu attentivement le projet de constitution dont question plus haut et deposera, dans un delai raisonnable ses avis et considerations aupres de l'autorite' concernee.

Aussi, conscient de la gravite', de la delicatesse et de la complexite' de la situation, le groupe Amos :

C'est l'occasion de rappeler le contenu de notre message du 14.5.98 qui garde encore toute sa consistance et son actualite:
"il n'est jamais trop tard pour bien faire".
Unis, solidaires, tolerants, nous pouvons ensemble reagir par un effort appreciable en vue d'un dialogue fraternel et accomplir le bien de notre population.
C'est le prix a' payer pour que regne la paix dans nos curs, dans notre pays et chez tous nos voisins.

Ayons le courage de regarder la realite' en face; la misere est la', palpable. Dans les yeux tristes de cet enfant affame' et mourant;
derriere le visage sombre de ce pere de famille decharne' et le regard brumeux de cette mere qui pleure son enfant victime de la guerre; dans la demarche degingandee de ce fonctionnaire en haillons; et l'anxiete' de cet etudiant use' par la marche quotidienne et dont l'avenir demeure de plus en plus sombre; dans la danse de ce chomeur qui noie sa souffrance dans une beuverie effrenee; a' travers les versets chantes par ces "mamans-surs",
il y a ce cri pathetique: "pitie', pitie' pour ce peuple meurtri ".

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