Il comitato di solidarieta' Palermo - Bukavu ha ricevuto questo rapporto da un animatore di un gruppo che si occupa di diritti umani nella regione del Kivu, del quale si preferisce conservare l'anonimato per motivi di sicurezza.
Lo sottoponiamo alla vostra attenzione, sperando di poterlo tradurre al piu' presto.
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LA VIOLATION DES DROITS DE L'HOMME DANS LE TERRITOIRE CONTROLE' PAR L'AFDL (Alliance des Forces Democratiques pour la Liberation du Congo)
Introduction
Ce rapport est a' la fois un temoignage sur les cas de la violation des droits de l'homme et un eclaircissement sur la politique de l'Alliance a' dominance Tutsi dans les deux provinces du Sud et Nord - Kivu. La raison d'un tel choix est double. D'abord, c'est dans ces deux provinces que nous avons suivi de pres les evenements depuis septembre 1996, date de la prise des armes par les Tutsi contre les refugies Hutu du Rwanda et du Burundi ainsi que contre les populations Zairoises. Ensuite, ce sont ces provinces qui, en plus de Kibali - Ituti, sont frontalieres a' l'Uganda, au Rwanda, au Burundi, strategiques pour les regimes Tutsi de Kampala, Kigali, Bujumbura et qui connaissent, en consequence, une epuration ethnique systematique par rapport au reste du territoire controle' par l'AFDL.
Il s'ajoute a' la serie des rapports anterieurs dont l'objectif est d'aller au-dela' du sensationnel (seul souci des medias occidentales) en focalisant l'attention sur le non-dit, a' savoir les abuses de pouvoir et autres exactions qui contredisent le discours liberateur et democratique des membres de l'Alliance.
De la guerre pour le controle a' l'administration du territoire de l'Est du Zaire, l'Alliance a utilise' les tactiques suivantes, tuer et toujours tuer les ennemis reels ou supposes a' l'abri de toute observation, s'approprier les biens d'autrui, empecher l'acces a' l'information, mettre fin a' la liberte' d'association et d'expression, et restaurer la chicotte.
L'emergence des organisations clandestines comme le FLOT (Front pour la Liberation de l'Occupation Tutsi) a' Bukavu et la profusion des tracts anti - Kabila et ses amis du directoire de l'Alliance montrent que la population locale en a ras le bol et constituent le thermometre de la groupe croissante dans cette partie du pays. Ce qui risque d'entrainer plus de repression de la part de l'Alliance.
------------------------------------------------ 1. Tueries des ennemis ou supposes.
Les massacres ont ete' perpetres a' une echelle telle qu'on ne parviendra jamais a' determiner le nombre des victimes. D'autant plus que l'Alliance excelle dans l'art de la dissimulation et le mensonge.
Toutefois, il y a lieu de distinguer deux categories de victimes.
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La premiere categorie de victimes est constituee par les personnes qui ont ete' tuees indistinctement lors de la prise des villes d'Uvira, Bukavu (28 et 29 octobre 1996) et Goma. A Bukavu particulierement, ville desertee par les Forces Armees Zairoises (FAZ) quelques jours avant, les rebelles tiraient sur tous les vehicules qui passaient et, a' certaines endroits comme Nguba, Nyawera, Ndendere et le pourtour de l'Athenee d'Ibanda, la cathedrale, la poste, les deux versants de la colline Karhale, la route du Rond - Point du 24 novembre 1965 a' la brasserie, sur la foule en fuite. Il s'agissait des militaires, surpris par l'attaque et sans armes, et des civils. C'est a' partir du 30 octobre 1996 que des fouilles systematiques dans les maisons ont ete' effectuees, principalement dans la zone d'Ibanda.
Dans cette operation, plusieurs militaires et civils y ont trouve' egalement la mort ou ont ete' soumis aux sevices inimmaginables. Les cadavres ont ete' delaisses pendant plusieurs jours avant d'etre enterres par les hommes de la Croix Rouge (renforces par un nombre important de volontaires recrutes pour la circonstance) dans des fosses communes, dissemines a' travers la ville.
Figurent ci-apres quelques-uns des cas bien identifies.
Le 28 octobre 1996
- Kanganda et Selemani, tous deux infirmiers militaires qui travaillent au dispensaire des FAZ furent tues lorsqu'ils regagnaient leurs habitations respectives
- Mgr l'Archeveque, Christophe Munzihirva, son garde-corps, et Biringanine Jean Pierre (de l'UPDS) furent abattus devant le centre Vamaro apres avoir echange des mots avec leurs bourreaux
- Lukifu, un commercant bien connu au Nord Kivu et a Bukavu, grace a' son etablissement Zaire - Maboko, fut tue' a' bord de son vehicule.
Le 29 octobre 1996
- Tshasuma, un agent au service des Renseignements (SNIP) fut tue' lorqu'il refusait de ceder les dollars qu'il avait sur lui dans sa fuite - Raymond, un ancien goalkeeper du Football Club Bukavu Dawa, trouva la mort avec son epouse et ses trois enfants lorsque leur vehicule fut crible' des balles pres de l'ITFM (Institut Technique Fundi Maendeleo) - Luhinzo Lugwire, un des grands commercants de Bukavu qui ont etendu leurs affaires dans la capitale Kinshasa, fut egalement tue' avec les membres de sa famille aux environs de l'Athenee d'Ibanda lorqu'ils tentaient de quitter Bukavu a' bord de leur vehicule - le directeur financier de la Societe' Nationale d'Assurance (SONAS) fut abattu avec deux personnes dont son frere, un etudiant a' l'ISP - Bukavu, au moment ou, au sortir de son bureau, son vehicule venait de demarrer.
Le 30 octobre 1996
- Nkubiri, un refugie' rwandais et ancien president du Tribunal de Grande Instance de Butare, fut apprehende' avec six autres concitoyens. Ils furent tues entre la cathedrale et l'Athenee d'Ibanda. La carte d'identite' de Nkubiri fut retrouvee par terre non loin de la fosse dans laquelle ces pauvres avaient ete' enterres.
Le 13 novembre 1996
- un etudiant au deuxieme graduat au Departement de Mathematiquea a' l'ISP - Bukavu fut abattu non loin des installations de cette institution universitaire, lorsque, au vu de son identite', il etait reconnu comme un refugie'.
Des cas de sevices n'ont pas manque'. Ainsi, par example:
En date de 20 novembre 1996
- le directeur de la SONAS a vu des hommes en uniforme faire irruption dans sa maison. Apres la fouille de sa maison, ces dernieres le conduisirent manu militari a' la prison centrale. Le motif officiel avance' est qu'il porterait illegalement des armes a' feu. Cependant, ceux qui ont suivi de pres ce cas estiment qu'il a ete' victime de ses origines regionales, l'Equateur (province de Mobutu). Il a passe' trois mois dans la geole soumis a la chicotte quotidienne.
En date du 5 dicembre 1996
- des hommes en uniforme, accompagnes d'un nouvel agent de securite' Munyamulenge (mulatre), s'introduisirent dans une des maisons de Mr Kaboyi, a' Muhumba, maison louee par un refugie' rwandais. C'etait sans doute suite au signal donne' par les jeunes du quartier (des sommes modiques d'argent sont souvent donnees par l'Alliance a' des gens qui fournissent des indications relatives aux personnes ciblees). Ils y trouverent deux jeunes rwandais qui n'avaient pas pu fuir. Ils les soumirent a' la torture avant de briser les os de leurs carpes respectifs. Une voisine qui a vu ces jeunes apres cet ignoble acte declara qu'ils etaient incapables de soulever meme une fourchette.
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La deuxieme categorie de victimes concerne les personnes appartenant aux groupes sociaux cibles. Il s'agit, dans ce cas, des personnes massacres deliberement soit en masse soit de maniere isolee.
Premiere cible des massacres: les Refugies Hutu du Rwanda et du Burundi
Les rescapes et les tueurs sont les mieux places pour parler de ce drame unique dans l'histoire des refugies. Neanmoins, si l'on voit en retrospective ce qu'il s'est passe' avec les refugies depuis Uvira en septembre 1996 jusqu'a' Ubundu en avril 1997, on ne peut pas s'empecher de conclure que ce drame est le resultat d'un plan savamment concu: l'arme a' feu et la faim ayant ete' les instruments efficaces de son execution. Le refus de la communaute' internationale de faire quelque chose de concret pour y mettre un terme n'est pas, en tout cas, de nature a' dissiper cette perception.
Les camps des refugies furent vises comme des cibles militaires. Ainsi, des que les Tutsi declencherent la guerre dans les zones de Rutshuru et de Nyiragongo au Nord et dans la plaine de la Ruzuzu au Sud, ils s'en prirent aux refugies des camps. Recourant a' la fois aux bombes, aux lances roquette, et aux armes individuelles, ils detruisirent camp par camp tout au long des mois de septembre, d'octobre, et de novembre 1996. Il est evident que plusieurs refugies trouverent la mort lors de cette destruction des camps, et que les charniers decouverts autour de plusieurs camps du Sud et du Nord Kivu ne sont pas une invention.
A titre d'exemple, nous avons entendu, du groupement de Kajeje ou' nous etions heberges, des bombes qui etaient lancees jour et nuit sur les camps de l'INERA et de Kashusha du vendredi 31 octobre au dimanche 2 novembre 1996. Quand celles-ci cesserent, les deux camps se trouvaient vides. Un agent de la Croix Rouge avec qui je suis entre' en contact deux semaines plus tard a laisse' entendre qu'une centaine des cadavres y ont ete' enterres. Au cours de la meme periode, le camp de Cimanga a ete' encercle' et plusieurs refugies furent tues a' la mitrailleuse. Le nombre de ces victimes varierait antre 300 et 500 selon certains et depasserait 1000 selon d'autres. Ces victimes ont ete' enterres sur place dans des fosses communes. Toute visite du lieu fut interdite. C'est dans ce contexte que l'Abbe' Jean Claude, un pretre diocesain qui passa dans les environs, fut abattu. Une cinquantaine de refugies qui fuyaient le bombardement de Kashusha trouverent refuge a' l'ecole de Kajeje le 4 novembre 1996. Deux jours apres, ils furent tous tues par les hommes de l'Alliance qui sillonaient deja' la zone de Kabare. Suite a' cet acte, plusieurs familles Bashi devinrent de plus en plus reticentes a' accueillir et heberger toute personne etrangere au milieu. Une des raisons pour lesquelles les deplaces de Bukavu qui avaient trouve' refuge dans la zone de Kabare furent obliges de rentrer chez eux.
Ceux des refugies qui n'ont pas pu laisser la tete lors de la destruction des camps ont du fuir. Certains prirent le chemin du Rwanda et du Burundi. D'autres (la grande majorite') se dirigerent dans l'hinterland, loin de la frontiere. Ceux-ci furent pourchasses comme des gibiers, au cours des six derniers mois, dans la foret du Zaire.
Dans cette longue marche, les refugies du Sud Kivu ont emprunte' 3 directions
- la direction Sud les a conduits jusqu'a' Shabunda, et de la' jusqu'a Kalima et a Kindu. On rapporte que lors de la prise de Shabunda en janvier 1997 plusieurs hommes et jeunes furent separes des femmes et des enfants avant de passer aux armes
- la direction Centrale fut l'axe Miti - Bunyakiri et la foret de Kahuzi qui est situee de part et d'autre de cet axe.
- La direction Nord fut l'axe Kalehe - Nyabibwe - Minova. Pris entre deux groupes des combattants Tutsi, ceux qui avancaient de Bukavu par derriere et ceux qui venaient de Goma par devant, ces refugies escaladerent les montagnes. Dans ces montagnes, beaucoup d'entre eux furent tues a la bombe et a la mitrailleuse
- 20 Novembre 1996: pres de 800 femmes, enfants, infirmes et hommes ages auraient ete' tues a Cibumba sur la colline Magobe et enterres sous la supervision d'un Tutsi nomme' Kamari
- 21 Novembre 1996: plus de 350 personnes auraient ete' tuees a Shanje dans la foret de Rukiga
- 22 Novembre 1996: plusiers autres refugies furent tues a Lumbishi.
Ceux qui ont echappe' se sont enfonces plus a' l'interieur ou' ils rencontrerent la vague qui a suivi la direction centrale aux environs de Walikale. C'est a' Hombo et a' Itebero que des massacres de grande envergure ont eu lieu en decembre 1996 et en janvier 1997. Ce sont les rescapes qui ont continue' jusqu'a Tingi - Tingi. On evalue le nombre des morts dans ce rayon a plus de 15.000.
Plus au Nord, les refugies qui fuyaient le bombardament de Mugunga se sont diriges vers Masisi. A Sake et sur les collines qui surplombent cette cite' ainsi qu'a Kichanga, les combattants Mayi Mayi auraient tue' des centaines des familles des refugies.
Des temoignages des Zairois qui partecipent au repatriement des refugies dans le cadre du HCR au Sud Kivu, il ressort que des hommes sont parfois separes des femmes et des enfants aux differentes barrieres tenues par les hommes de l'Alliance et conduits a une destination inconnue.
Deuxienne cible des massacres: les Zairois des ethnies Fulero, Vira, Bembe, et Hutu
Les Fulero, Vira et Bembe habitent, avec les Tutsi qui se nomment Banyamulenge, dans les zones d'Uvira et de Fizi. Ces derniers occupent les hautes terres alors que les autres sont concentres sur les basses terres a la bordure du lac Tanganyika et de la frontiere Zairo-Burundo-Rwandaise.
Les Banyamulenge, venus dans la region apres les 3 autres groupes, ont vecu a part de sorte que leur integration est restee un grand probleme. Ils ont donc maintenu des relations froides avec ces derniers. Bien qu'ils aient ete' representes, par moment, au Parlement a' Kinshasa et a' l'Assemblee Regionale a' Bukavu, les Banyamulenge se sont vus contester la nationalite Zairoise. Cette contestation a renforce' le climat de mefiance et suscite' une tension permanente entre eux et leurs voisins. L'animosite' s'intensifia au lendemain de la Conference Nationale Souveraine (CNS), fin 1992, lorsque la politique generale au pays fut d'exclure du pouvoir tous les rwandophones. Le clivage s'avera si profond que les Banyamulenge constituerent un bloc autour de leur eveque, Mgr Jerome Gapangwa alors que leurs rivaux trouverent leurs defenseurs parmi les politiciens, en l'occurrence le vice-president du HCR-PT, le mouvancier Anzuluni Bembe, et le commissaire de zone d'Uvira, le bouillant Shweka Mutabazi. La participation des Banyamulenge a' la guerre du FPR et le depart de beaucoup d'entre eux pour le Rwanda apres la prise du pouvoir a' Kigali par le FPR ne faciliterent pas les choses. C'est cette situation qui prevalait a' la veille de la guerre a' l'extreme sud du Sud Kivu.
On se rappelera que lorsque les Banyamulenge sont rentres du Rwanda avec les armes, ils pretendaient venir recuperer les terres de leurs ancetres et proteger leurs parents. C'est ainsi que les Fulero, Vira et Bembe furent traques dans cette offensive armee. C'est parmi leur rangs qu'on identifie beaucoup de morts et de gens qui ont pris le chemin de l'exil ou ont ete' contraints de vivre en cachette. En general, les tueries ont eu lieu les deux premiers mois dans la zone d'Uvira.
Septembre 1996
On a parle' alors de la destruction de deux villages pres de Kiliba, de la tuerie de la belle mere d'Anzuluni, de deux pretres diocesains (tous les pretres non Banyamulenge ont fui le pays de sorte que le diocese d'Uvira est, pour l'instant, sans pasteur), de plusieurs malades a l'hopital de Lemera, d'un commissaire de zone assistant residant a' Bijombo et de toute sa famille.
Octobre 1996
Bulangadire Ruhigita Majagira, ancien recteur de l'Universite' Evangelique en Afrique (UEA), a echappe' en extremis a' une balle tiree sur son vehicule. Il en est sorti avec un bras casse'. Il recut les premiers soins a' l'hopital de Kamole avant d'aller....
Entre novembre 1996 et fevrier 1997, c'est la zone de Fizi, notamment sur l'axe Kalundu - Mboko - Baraka, qui resta le theatre des massacres. Les Bembe qui refusaient de se soumettre a l'Alliance etaient frequemment l'objet des represailles.
Quant aux Hutu, ils occupent essentiellement les zones de Rutshuru, de Nyiragongo (y compris la ville de Goma), de Masisi, et de Walikale dans le Nord Kivu, les groupements de Mbinga - Nord et de Ziralo dans la zone de Kalehe au Sud Kivu. Ils y constituent une ecrasante majorite'. Les relations avec les autres groupes minoritaires (Hunde, Nyanga, Tembo, et Tutsi) avaient ete' ternies par la guerre que ces derniers leur avaient impose' a' partir de mars 1993. L'arrivee des refugies Hutu du Rwanda en juillet 1994 et surtout la campagne menee pour faire croire a' l'opinion qu'il y avait le plan de la creation d'un Hutuland dans cette region ont exacerbe' le sentiment anti - Hutu. La coalition Tutsi - Mayi Mayi (Hunde, Nyanga, Tembo, Nande) qui remonte avant septembre 1996 devait etre fatale pour les Hutu. Ce sont donc eux qui, depuis septembre 1996 jusqu'aujourd'hui, paient le prix de la fameuse liberation. Ils font, en fait, l'object de l'epuration ethnique dans une administration devenue le monopole des Tutsi. Ce qui est poursuivi dans cette operation est la reduction significative du nombre des Hutu et la decapitation de leurs elites economiques et intellectuelles. Les enlevements et expeditions militaires qui sont lancees regulierement contre leurs villages (Bunagana, Jomba, Rugarama, Shinda et Bambu dans le Rutshuru; Mushaki, Kagusa, Matanda, Miandja, Rubaya, Kibabi, Kinigi, Karuba, Kabingo, Ngungu, Kichanga, Nyakariba et Muheto dans le Masisi; Bitonga, Karoba et Numbi dans le Kalehe) ont fait deja' des milliers de morts dont il convient de mentionner quelques uns.
a. Zone de Rutshuru
- Francois Maniragaba, licencie' (professeur a' l'ISP - Rutshuru) - Sibomana Ntamabyariro, gradue' (fils aine' du Directeur General de l'ISP - Rutshuru)
- Abbe' Benoit Nirere (cure' de la Paroisse de Jomba) - Soeur Colette Vunabandi (prefet du licee Virunga/Jomba), tuee avec d'autres consoeurs
- Kibiriri (commercant a' Rutshuru).
b. Zone de Nyiragongo (Goma)
- Claver Bitegetsimana (commercant et eleveur) et son epouse - Muhozi (commercant) et son epouse
- Rwabahenda (commercant et eleveur)
- Kabunga Kapitene (commercant)
- Kalinda Rukeribuga (commercant et eleveur) - Nzavuga (commercant)
- Thomas de Bata (commercant).
c. Zone de Masisi
- Abbe' Emanuel Nsengiyumva, Diacre Charles Kanyamanza, et les membres de la famille Kanyankogote tues a' Nyakariba - Sebishimbo (ancien gerant de la cooperative paroissiale), Muberuka, Muhawe, (ancien enseignant) et 4 membres de sa famille tues a' Matanda - Gakwaya (commercant), sa fille (epouse du directeur de l'ecole primaire de Maendeleo a' Goma, et son fils; Sebakara Barore et ses enfants; Mbonyi et ses 8 enfants dont un gradue' en chimie; Pascal Mupenda (commercant), Dodu, tous yues a' Kinigi/Kbabi
- Ruberankinko (commercant) tue' Rushoga/Karuba - Ivan et les membres de sa famille tues a' Ngungu - Karemera (professeur) mort en prison a' Mugeyo, non loin de Ngungu, apres une severe torture
- Mwitabagoma (commercant et eleveur) tue' dans sa concession de Bulambika a' la frontiere Masisi - Kalehe.
d. Zone de Kalehe
- Ruhogo et les 9 membres de sa famille, tues a' Karoba - Shirimpumu et les 12 membres de sa famille, tues a' Bitonga. Plusieurs autres personnes de ce centre furent brulees a' l'essence.
Ces quelques noms sont des indications infimes etant donne' l'ampleur des atrocites commises par les soldats de l'AFDL de connivence avec ceux de l'APR (Armee Populaire Rwandaise). Que ces atrocites aient lieu dans le diocese de Mgr Faustin Ngabu, quartier general de l'Alliance et de ses environs immediats, se passe de tout commentaire. Une investigation minutieuse dans les localites citees et aupres des rescapes, membres ou voisins des familles des victimes peut permettre d'en connaitre davantage.
Des massacres isoles d'autres Zairois sont egalement legion. J'en voudrais pour preuve les trois cas suivants:
- le 1 novembre 1996, des militaires de l'AFDL sont alles au groupement de Mudaka pour chercher le chef. Ne l'ayant pas trouve', ils ont tue' deux personnes dans sa famille
- le 4 novembre 1996, 6 militaires de l'AFDL sont arrives a' l'hopital de Kamole en provenance de Hagira. En faisant le tour des lits, ils ont constate' qu'il y avait un malade militaire. Ils l'ont fait sortir et le tuerent en dehors avec une balle
- le 6 novembre 1996, trois personnes furent tuees a' la cour de Kabare par les militaires de l'AFDL, furieux de n'y avoir pas rencontre' le mwami.
Il n'est pas exagere' de dire que toutes les autorites coutumieres de Bushi se mefient du nouveau regime et se mettent en retrait. Certaines d'entre elles restent carrement cachees.
Un cas bizarre. En fevrier 1997, Mr Shaburwa, un gendarme des FAZ qui avait rejoint les Forces de l'Alliance, a pique' une crise de malaria.
Conduit a' l'hopital, il fut place' sous traitement du serum. Vers 3h du matin, les soldats de l'Alliance sont venus enlever le serum et emporter le patient. Quand la nouvelle a circule', la population de Kadutu, inquiete de son sort a' cause de la presence de l'assassin de sa soeur, Mr Kamana (condamne' a' mort, celui-ci avait achete' l'annee passee son transfert de la prison centrale de Bukavu a' Kinshasa d'ou' il est parti pour Kigali au Rwanda, il est rentre' a' Bukavu apres sa prise par l'Alliance), s'est levee comme un seul homme pour reclamer sa liberation. Grace a' la pression populaire, Shaburwa fut sauve' de justesse et Kamana reconduit vers le Rwanda.
---------------------------------------------------------- 2. Appropriation illegale des biens d'autrui
La prise de l'Est du Zaire par l'AFDL a ouvert la voie a' un nouveau pillage systematique. Tout laisse penser que l'Alliance vise, a' travers ce pillage, a' appauvrir la region et les populations locales en vue de les soumettre facilement.
Des marchandises qui etaient au port de Kalundu ont ete', selon les habitants du lieu, videes des containers et emportees au Burundi. A Bukavu, le grand magasin dit "coopera" au marche' central de Kadutu a ete' vide' de l'essentiel des articles de consommation courante. Ceux-ci ainsi que plusieurs vehicules (camions et voitures) des prives, des meubles et equipements industriels ont traverse' la Ruzuzu pour le Rwanda. Au Nord Kivu, cette meme scene a ete' observee. Des commercants se plaignent du fait que leur cafe' et autres biens ont ete' saisis et emportes sans aucune compensation.
Des vehicules des prives qui n'ont pas ete' envoyes au Rwanda et au Burundi sont utilises par les membres de l'Alliance. Et comme si cela ne suffisait pas, ceux-ci se sont appropries sans scrupule les maisons, les etablissements commerciaux comme les stations d'essence appartenant aux refugies, aux Zairois qui ont ete' tues ou qui ont fui et les utilisent ou les exploittent indument. A Muhumba (Bukavu), par example, de nombreuses familles Banyamulenge y ont ete' amenees on ne sait pas d'ou' pour occuper les maisons d'autrui. Elles sont devenues si nombreuses et onnipresentes que les humoristes designent dorenavant Muhumba par le nom de Mulenge.
A travers toute la region, les vaches qui avaient echappe' aux vols et pillages anterieurs ont ete' systematiquement recuperees par les soldats de l'Alliance; quand ils ne les consommaient pas, ceux-ci les vendaient a' la population a' leur propre profit. Ceci a ete' frequent au marche' de Kadutu. Dans le Parc National de Kahuzi, les memes soldats s'emploient a' l'abattage des elephants; ils importent l'ivoire et vendent la chair a' la population locale.
Ce dossier du pillage economique et de l'imposition de la domination par l'appauvrissement devrait etre exploite' si l'on veut cerner une autre facette de l'Alliance.
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3. Atteinte a' la liberte'
Il est indeniable que, malgre' les obstacles dresses par le regime de Mobutu au processus democratique, le debat libre avait connu un progres extraordinaire depuis 1990 en Zaire en general et au Kivu en particulier.
Mr Laurent Kabila a mis fin a' cet acquis en bannissant toutes les organisations politiques, de la defence et de la promotion des droits de l'homme. Pour le moment, il n'y a qu'un seul discours qui est rabache' chaque jour a' la radio de l'Alliance dite Radio du peuple. Le debat a cede' place a' une propagande qui ne differe en rien de celle des ideologues du Mobutisme au cours des annees 1970 (apogee de la dictature).
Toute reunion doit etre autorisee; en plus, un membre de l'Alliance doit y participer. Une facon d'inhiber les esprits et d'empecher toute critique.
Le secret de la correspondance n'est plus respecte'. Des lettres en provenance ou a' destination du territoire controle' par l'Alliance sont lues. Mr Jean Marie Bansoba, agent au Comite' Anti - Bwaki, avait confie' un jour une lettre pour sa soeur a' un Belge qui rentrait dans son pays. La lettre a ete' lue et saisie a' la douane de la Ruzizi. L'auteur a du etre arreste' et mis au cachot a' cause de ce qu'il avait ecrit. Il en est sorti suite a' l'intervention faite aupres d'un homme influent de l'Alliance.
Dans l'empire de Mr Laurent Kabila, on vit donc dans une peur permanente: peur de dire ce que l'on pense, peur d'ecrire ce que l'on veut a' un ami, peur de se rassembler... Et comme toutes les communications avec l'exterieur ont ete' coupees pour le public, les populations du territoire dit "libere'" vivent dans une sorte de prison. Les nouvelles de l'exterieur ne filtrent que tres peu.
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4. Sevices par la chicotte
Pendant les quatre premiers mois du regime de l'AFDL au Kivu, on etait habitue' au slogan suivant: "nous n'avons pas de prison". Pour dire que la balle et la chicotte etaient les seuls moyens a' utiliser pour reprimer toute infraction; grande ou petite soit-elle. A la moindre faute commise par un Zairois, les soldats de l'Alliance n'hesitaient pas a' lui intimer l'ordre de se coucher par terre par ces mots: "rara chini". Apres s'etre couche', l'infortune' se voyait administrer des coups de fouet et, parfois, avec un flot de crachat. On revenait a' la pratique d'il y a plus de 40 ans au motif que c'etait la seule facon d'eduquer les Zairois qualifies d'ibicucu (mot Kinyarwanda qui signifie idiot).
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Conclusion
L'AFDL pratique une politique de la terreur. Elle a remplace' la loi par l'arbitraire. Les elements contenus dans ce rapport sont suffisamment parlants. Si les responsables des media occidentaux en gardent silence, c'est tout simplement parce qu'ils sont contraints, par interet politique ou economique, de reporter ce qui est accepte' par les gens de l'AFDL.
Proceder de la sorte signifie cautionner toutes ces bevues, et travailler contre la defense, et la promotion des droits de l'homme.
C'est dire, en d'autres termes, que la guerre des medias dans l'Est du Zaire est un autre mal qu'il faut combattre au meme pied que cette politique de la terreur de l'AFDL. Aux activistes de la defense et de la promotion des droits de l'homme et aux humanitaires de s'y employer honnetement et constamment!