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DONNER LA PAROLE A LA BASE - IDate:
Wed, 13 Jan 1999 20:32:42 퍝 (MET)From:
"serv. informazioni Congosol" <congosol@skyol.it> To:Nous avons decide' de publier entierement ce dossier-document, malgre' sa longueur,
gruppi 1 2 3 <congosol@skyol.it>
On pourra trouver la version integrale de la plupart des documents resumes dans
le present dossier
chez nos archives, a' l'adresse Internet:
http://www.peacelink.it/users/bukavu/csol/congosol.html
Bonne reception
le Service informations Congosol
DONNER LA PAROLE A LA BASE
Vue d'ensemble des declarations, reflexions et autres documents d'analyse des organisations de la societe' civile nationale sur la guerre actuelle en RDC.
Dossier prepare' par:
Rigobert Minani Bihuzo Bin Kakuru (GJ/S.C Sud - Kivu)
Dimandja Feza Ellysee (Secretaire campagne pour la paix CNONGD)
Kinshasa le 11 janvier 1999
TABLE DES MATIERES.
--- fichier I ---
Presentation
Interet et opportunite' de ce dossier
Pourquoi le choix de la societe' civile
Contenu du document
--- fichiers IIa et IIb---
Sonnette d'alarme
La guerre
1. VSV, ANM, SCEPDHO (Kinshasa, le 09 aout 1998 )
2. CNONGD (Kinshasa, le 12 aout 1998 )
--- fichier V ---
III. province du Nord- Kivu
1. ALERTE (Goma, le 8 oct. 98)
2. SOPROP (Solidarite' pour la Promotion Sociale et la Paix) IV. NORD-KATANGA.
1. KALEMIE ( 09 Octobre 1998)
--- fichier VI ---
DECLARATIONS DE L'ETRANGER.
1. SIMAKIVU (le 15 Juillet 1998)
2. Groupe de travail sur le Congo ( Montreal, le 21 septembre ) 3. RESEAU EUROPE
- CONGO (R.E.C). (Bruxelles, le 01 octobre 1998) Conclusion
Presentation
Depuis le debut de la guerre en RDC le 2 aout 1998 plusieurs personnes et
organisations se sont exprimees sur cette crise. C'est pour faire echo a' ces
prises de position que nous nous sommes atteles a' compulser les documents
produits et diffuses principalement par les organisations et les personnes qui
travaillent a' la base a' Kinshasa et dans les provinces. Notre objectif
principal est de rassembler dans un seul dossier le message essentiel d'un
certain nombre d'ecrits de la societe' civile nationale sur la crise actuelle,
dans le but d'offrir une vue d'ensemble des reflexions et des analyses, de la
comprehension et des recommandations sur la crise. Ces informations
contribueront, nous l'eperons, a' donner une idee assez large de la facon dont
la population percoit cette guerre. La prise en compte des preoccupations de
notre population dans la recherche des solutions, devrait contribuer a'
l'avenement d'une paix durable en RDC et dans la sous - region. Nous esperons
aussi par ce travail relayer, porter l
oin et faire parvenir a' un large public le cri de ceux dont les voix sont
etouffees par les bruits des armes et a' qui on a meme denie' souvent le droit
d'exprimer leur colere et leur detresse face aux situations injustes qu'on leur
impose, et dont ils ne connaissent ni les tenants ni les aboutissants.
Interet et opportunite' de ce dossier
Au moment ou' le discours sur la necessite' des negociations pour sortir de la
crise semble faire l'unanimite', il est a' notre avis important de remettre en
selle ceux des acteurs qui depuis plus d'une decennie, mais surtout depuis la
Conference Nationale Souveraine, ont demontre' de quoi ils etaient capables. En
effet la societe' civile congolaise est au niveau local tres active et tres
performante, meme si elle a opte' pour un changement politique dans ce pays par
des moyens non - violents. Elle a toujours refuse' de cautionner tout pouvoir
conquis par les armes, ou qui veut se maintenir par les armes. Sa voix, qui est
celle de la majorite' des acteurs sociaux et politiques, ne semble
paradoxalement pas retenir l'attention.
Pourquoi le choix de la societe' civile
Nous avons retenu en priorite' les textes de la societe' civile car elle est une
des structures les plus representatives, les plus fortes, les plus agissantes et
des plus dynamiques en RDC. Elle a toujours ete' active au niveau politique,
economique, social, et culturel.
Au niveau politique
A chaque etape de la vie nationale elle n'a cesse' de s'exprimer et de proposer
sa contribution pour la definition du futur. A la Conference Nationale
Souveraine son point de vue et ses propositions ont souvent rencontre'
l'assentiment des autres acteurs de la vie nationale. Durant le temps de la
transition elle a ete' la seule instance a' maintenir un niveau de
fonctionnement et de performance qui a permis la cohesion interne et la
survivance de l'Etat dans ses frontiere actuelles.
Au niveau economique
En reaction entre autres a' la destructuration du systeme economique, le circuit
informel a ete' promu et soutenu par les organisations de la societe' civile.
Les femmes commercantes ont appris a' thesauriser leurs avoirs en devises
etrangeres pour contourner la faillite du systeme bancaire. Les tontines ont
remplace' les systemes de credits et de prets. Cette economie parallele fait
aujourd'hui survivre la grande majorite' des familles congolaises.
Au niveau social
Au moment ou' les structures sociales de l'Etat sont entrees dans un etat de
deliquescence, on a vu des petites unites privees de sante' suppleer aux
hopitaux d'Etat, des parents et des enseignement trouver des arrangements prives
pour prendre en charge l'education des enfants, les ONG de developpement
s'occuper de l'assainissement de l'eau, de la production vegetale et animale, de
la commercialisation des produits de premiere necessite', l'amenagement des
pistes rurales de desserte agricole.
Au niveau culturel
Les associations d'education civique et celles de defense des droits de l'homme
ont developpe' depuis bientot dix ans, outre les activites de monitoring des
violations des droits, de denonciation et de defense, un programme de formation
civique comme les techniques des elections, le sens du leadership, l'importance
de la participation populaire, utilisant abondamment les moyens de communication
de masse comme la musique, le theatre, la danse etc.
Meme au niveau de la securite' des biens et des personnes, certains quartiers et communautes, certaines collectivites, certains groupes ethniques ont mis sur pied des systemes d'alerte precoce et de dissuasion.
Bref, dans un contexte de decomposition et de deficience de l'Etat, les associations de la societe' ont su jouer un role de suppleance qu'il n'est plus permis d'ignorer si l'on veut faire aboutir les initiatives de paix, de democratisation et de participation populaire en RDC. Ignorer ces realites au moment ou' il n'y a ni parlement ni structures representatives de la population serait faire fausse route, et condamner les actions futures a' l'echec.
Contenu du document
Les documents contenus dans ce dossier abordent en priorite' la question de la guerre presente. Plusieurs font une description de la situation actuelle, explorent ses causes et font des recommandations ou proposent des pistes de solution.
Selon la majorite' des documents, la crise est, entre autres, la consequence du fait que le gouvernement en place n'a pas favorise' une transition ouverte a' toutes les forces politiques et sociales de la RDC. Ils deplorent la suspension des activites des partis politiques, les arrestations arbitraires des leaders politiques et ceux d'opinion, les appels a' la haine ethique et les autres violations des droits de l'homme.
Plusieurs groupes estiment que la solution durable a' nos problemes doit prendre en consideration les defis, les interets et les aspirations a' la paix de nos populations mais aussi des pays de la sous - region. Les animateurs de la societe' civile nationale expriment aussi leurs frustrations face aux insuffisances du pouvoir actuel a' satisfaire aux exigences de la democratisation, au respect des droits de l'homme et du consensus national.
Mais face a' cette guerre traitee d'inutile et d'injuste, des quatre coins de la
republique retentit la meme deception : " on aurait souhaite' que la communaute'
internationale desapprouve avec plus de vigueur et a' temps la rebellion, la
tentative de s'accaparer du pouvoir par la force, et l'intervention des troupes
etrangeres sur le territoire congolais ".
Par rapport a' la dimension sous - regionale de la crise, les associations de la societe' - civile congolaise emettent de serieuses reserves sur l'analyse de certains gouvernements faisant du genocide rwandais le point cle' pour la comprehension de la crise actuelle.
Notre population ne comprend pas pourquoi elle doit payer le prix des incoherences de la gestion politique des pays voisins.
A l'Est de la RDC en particulier on ne comprend pas pourquoi et dans l'interet de qui la securite' du Kivu, du Maniema, de la Province orientaleŠ devrait etre assuree ou restauree par les armees rwandaises, burundaises et ougandaises. Comment les armees de ces pays, qui se montrent incapables d'assurer l'ordre chez eux pourraient-elles l'assurer efficacement et a' long terme dans un pays etranger et souverain ?
La preoccupation de la communaute' internationale pour la paix au Rwanda, au Burundi et en Ouganda ne devrait - t -elle pas etre la meme pour les populations a' l'Est de la RDC.
Les animateurs de la societe' congolaise sont convaincus que la securite' aux frontieres de nos voisins dependra essentiellement de la gestion responsable et non ideologique des conflits internes a' ces pays. Aucun pays dans la sous - region ne peut prendre la responsabilite' d'assurer la securite' de son voisin.
Il ne s'agit donc pas comme l'avait affirme' un officiel americain de " creer des nouveaux arrangements de securite' des frontieres ", mais de favoriser la participation effective au pouvoir des toutes les composantes de la population au Rwanda, au Burundi et en Ouganda autant qu'en RDC.
Par rapport a' la population tutsi, les associations sont formelles " personne ne pourrait affirmer aujourd'hui que les " Banyamulenge " etaient marginalises dans le regime de l'AFDL, ni qu'ils etaient persecutes. Nous pouvons affirmer au contraire et chiffres a' l'appui qu'ils etaient sur - representes dans toutes les structures civiles et militaires ".
Ainsi tout en etant conscients que cette crise porte en elle un potentiel de destruction de la paix sans precedent en Afrique centrale et australe plusieurs animateurs disent avoir aussi la mission et le devoir d'avertir que le peuple congolais n'acceptera pas des arrangements politiques ou militaires qui mettent une partie de notre population ou de notre territoire sous le controle direct ou interpose' des pays etrangers.
Enfin les recommandations dans tous les documents vont presque toute dans la meme direction. Sur le plan interne, le gros des textes demande que tous contribuent a' la cohesion nationale en encourageant le gouvernement a' poser des actes positifs en faveur de la decrispation et de la cohesion interne. Il s'agit concretement d'impliquer les autres forces sociales et politiques dans la gestion de la transition dans un cadre juridique consensuel, de liberaliser les partis politiques, de liberer les prisonniers politiques et ceux d'opinion, et de mettre en place un cadre pouvant favoriser la tenue dans un delai a' convenir des elections libres et transparentes.
Sur le plan exterieur, la societe' civile encourage la tenue d'une conference internationale sur la sous region de l'Afrique centrale, chargee d'aborder d'etudier les problemes a' la racine de la guerre, parmi lesquels celui de la pauvrete', du blocage du processus democratique, le refus de la bonne gouvernance, de l'echec des reconciliations nationales, de la justice et de la securite'.
Rigobert Minani Bihuzo Bin Kakuru s.j
Groupe Jeremie/ Societe' Civile du Sud-Kivu.
Representant.