[33] ASADHO: Communique' De Presse N. 11/98

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ASADHO: Communique' de presse n. 11/98
Date:
Sun, 6 Sep 1998 18:57:45 +0200
From:
"serv. informazioni Congosol" <congosol@skyol.it> To:
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Nous nous excusons avec tous ceux qui ont deja' recu ce communique' Le Service informations Congosol


COMMUNIQUE' DE PRESSE N° 011/98.

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO:
UNE TABLE RONDE POUR LA PAIX ET LA RECONCILIATION NATIONALE S' IMPOSE.

Dans son dernier communique' de presse du 10 Aout 1998 intitule' "RDC:IL FAUT EVITER LE CHAOS", l'Association africaine de Defense des droits de l'Homme (ASADHO), etait preoccupee par l'intensification des violations des droits de l'homme commises par les troupes rebelles et gouvernementales ainsi que par la population incitee par les appels a' la haine raciale et ethnique lances par le gouvernement. Aujourd'hui, l'Asadho s'inquiete du risque de confrontation directe entre d'une part les troupes gouvermentales appuyees par la Namibie, l'Angola, le Zimbabwe et la Tanzanie et d'autre part les troupes rebelles soutenues par les armees ougandaises, rwandaises, burundaises et dont les interets visibles ne correspondent pas aux aspirations du peuple congolais a' plus de paix, de liberte' et de democratie. L' internationalisation actuelle du conflit a relegue' au second plan les violations massives des droits de l'homme dont les principales victimes sont les populations civiles.



  1. LES VIOLATIONS COMMISES PAR LE GOUVERNEMENT


  1. EXECUTIONS SOMMAIRES ET INCITATION A LA HAINE

La these de l'agression sert de pretexte au gouvernement pour justifier les violations des droits de l'homme en exploitant abusivement le sentiment patriotique pour inciter la population a' des actes de violence aveugle contre toute personne soupconnee d'etre rebelle, d'origine Tusti ou de connivence de pres ou de loin avec la rebellion.
Les autorites gouvermentales ont invite' la population a' travers les medias officiels a' traiter "L'ENNEMI COMME UN VIRUS, UN MOUSTIQUE, ET UNE ORDURE QU'IL FAUT ECRASER AVEC DETERMINATION ET RESOLUTION". En reponse aux appels d'incitation a' la haine et a' la violence inocules par le Ministre de l'informatioin M. Didier Mumengi, le Ministre de la Sante' publique le DR. Jean Baptiste Sondji et le Directeur du cabinet du President de la Republique Mr Yerodia Abdoulaye, les populations se sont mises a' s'attaquer a' des personnes soupconnees d'etre d'intelligence avec la rebellion. C'est ainsi que de personnes ont ete' brulees vives pour avoir ete' surprises avec la boue rouge sur les chaussures en reference a' la couleur de la boue du Bas Congo alors occupee par les rebelles.
Par ailleurs, les militaires gouvernementaux ont tire' a' bout portant sur d'autres suspects dont les corps ont ete' abandonnes dans les rues. Plusieurs malades mentaux ont ete' executes sommairement en raison de la rumeur selon laquelle les rebelles s'etaient deguises en fous pour s'infiltrer. Un malade mental habitant au coin des rues Kasai et Usoke dans la commune de Barumbu a ete' crible' des balles au marche' central de Kinshasa le 27 Aout 98. Une autre personne non autrement identifiee a ete' abattu sans sommation car surpris en train de converser avec son telephone cellulaire. Les troupes gouvermentales ont tente' d'effacer par tous les moyens les traces des atrocites qu'elles ont commises,
Plusieurs temoignages concordants des pecheurs ont affirme' avoir vu plusieurs corps de personnes charries par les eaux du fleuve Congo. D'autres corps ont ete' jetes dans la riviere N'djili. D'autres personnes soupconnees de rebelles ont ete' enterrees vivantes a' Kitambo et a' Masina.


  1. LES BOMBARDEMENTS AVEUGLES PAR LES TROUPES ZIMBABWEENNES

Les bombardements aveugles par les troupes zimbabweennes des communes urbaines de Kimbaseke, Mikonga,Ndjili et Masina ont occasionne' plusieurs morts su sein de la population civile, le deplacement de la population vers d'autres communes plus securisantes et ont eventre' plusieurs maisons appartenent a' des personnes dont le niveau de vie est deja' precaire. En outre plusieurs personnes blessees au cours de ces bombardements n'ont pas acces aux soins appropries.


  1. ARRESTATIONS MASSIVES, DETENTIONS ARBITRAIRES ET DISPARITIONS FORCEES

Plusieurs personnes d'origine Tustie ont ete' arretees et detenues arbitrairement au camp Kokolo, Tshatshi et dans les diffrents cachots des services de renseignememts (ANR; DEMIAP/Kintambo) et au cachot de Kin- maziere a' Kinshasa Gombe.
Seules 160 des personnes arretees ont pu etre visitees par le CICR. Plus de 500 soldats des anciennes forces armees Zairoises (FAZ) ont ete arretes et certains sont portes disparus a' ce jour.
D' autres Congolais maries, amis des tutsis ou ayant la morphologie Tutsie ont ete' arretees en relation avec ce conflit. C' est ainsi que certaines personnes ont ete' extraites de leurs habitations, de chambres d'hotels et meme de l'enceinte du PNUD a' Kinshasa; a' la suite des couvres feux et differentes operations de ratissage decretees par le Gouvernement.



  1. LES VIOLATIONS COMMISES PAR LES FORCES REBELLES

La corruption, le nepotisme et la derive totalitaire constates dans le chef des autorites de l'Alliance des forces pour la liberation du Congo-Zaire (AFDL) ont servi de pretexte pour justifier une rebellion d'essence externe et conduite par des personnes dont la pluspart sont alleguees responsables des actes de genocide et de crimes contre l'humanite' commis lors de la premiere guerre de "liberation" en 1996-1997.

  1. MASSACRES ET EXECUTIONS SOMMAIRES

Lors de la prise des villes d'Uvira, Bukavu, Goma et Butembo les forces rebelles ont execute' sommairement les soldats d'origine Katangaise et certaines personnes civiles qui ont refuse' de rallier la rebellion. Les temoignages dignes de foi ont affirme' que les troupes rebelles Banyamulenge ont rassemble' et massacre' des villageois et religieux de la mission catholique Kazika pres d'Uvira en represailles a' une attaque perpetree contre les rebelles. D'autres personnes arretees ont ete' executees sommairement et jetees dans la riviere Ruzizi pres de Bukavu.


  1. DEPORTATION DES PRISONNIERS ET DETENUS AU RWANDA

En guise de represailles a' la detention des tutsis a' Kinshasa et ailleurs, les soldats rwandais ont arrete' et amene' de force au Rwanda les soldats et civils, surtout ceux d'origine Katangaise.
D'autres personnes originaires du Nord et du Sud Kivu qui ont refuse' de rallier ont ete' amenes de force au Rwanda via la prefecture Rwandaise de Cyangugu.
L'Asadho craint qu'elles soient soumises a' la torture, a' des traitements inhumains et degradants et qu'elles soient victimes des "disparitions". Par ailleurs de jeunes gens soupconnes d'etre infiltres Mai Mai ont ete' arretes a' Bukavu et abattus.


  1. VOLS,PILLAGES ET CONFISCATIONS DES MOYENS DE COMMUNICATIONS DES PARTICULIERS

Les rebelles se sont empares des biens et vehicules des particuliers et des organisations humanitaires. Certains ont pille' les maisons des particuliers et emporte' argent et autres biens de valeur. Les moyens de communication (telephone cellulaire; phonies) des particuliers ont ete' confisques dans le but de les empecher de communiquer entre eux ou avec l'exterieur.


  1. IMPOSITION DES CONDITIONS DRACONNIENNES DE VIE A KINSHASA

Des la prise du barrage d'Inga, les forces rebelles ont sciemment interrompu la fourniture en energie electrique a' Kinshasa et ses environs dans le but d'inciter la population a' se revolter contre le regime de Kabila et a' faciliter ainsi sa chute.
Cette interruption en energie electrique a entraine' celle de la fourniture de l'eau potable, la deterioration des biens de consommation de premiere necessite', le dysfonctionnement des hopitaux et des centres de sante', occasionant ainsi de deces ou l'aggravation de certaines maladies, la flambee des prix de denrees alimentaires et l'accentuation de la misere.



  1. LES VIOLATIONS COMMISES PAR LE GOUVERNEMENT ET LA REBELLION

Comme en 1996-97, le gouvernement Kabila a eu recours a' la propagande et aux discours xenophobes et "nationaliste" pour recruter et enroler des enfants sans formation militaire adequate en contrepartie d'avantages financiers et materiels. Ils ont servi comme boucliers humains et ou eclaireurs lors des combats dans la province de Bas Congo. La rebellion a' quant a' elle, non seulement recrute' et enrole' des enfants mais aussi recupere' et envoye' au front des enfants en programme de demobilisation de l'Unicef.



RECOMMANDATIONS

La situation politique et militaire actuelle caracterisee par les incertitudes, les violations massives des droits de l' homme et du droit International humanitaire, ne peut etre resolue que par la voie du dialogue, c'est pourquoi l'Asadho recommande:

  1. L'arret immediat des hostilites et le retrait sans condition de toutes les troupes etrangeres (Rwandaises, Ougandaises, Burundaises, Tanzaniennes, Angolaises, Namibiennes et Zimbabweennes) du territoire national; 2. La convocation sous les auspices de l'OUA et des Nations unies d'une table ronde sur l' avenir de la Republique Democratique du Congo. Une telle conference doit avoir comme base de reference les resolutions de la Conference nationale et debattre des questions se rapportant a' la transition, la Constitution, l'armee et les elections.
  1. Au cas ou' les belligerants persistaient dans l'option militaire comme mode de resolution des conflits, le Conseil de Securite' devra deployer une force multinationale d'interposition, dans le but de garantir les conditions propices au respect des droits de l'homme et a' la relance du processus devant aboutir a la tenue des elections libres et transparentes.

Fait a' Kinshasa et Geneve le 3 Septembre 1998.

Pour l'ASADHO
GUILLAUME N'GEFA ATONDOKO
President.



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