[51] Bulletin "Droits De L'homme Hebdo" N. 3

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Subject:

Bulletin "Droits de l'homme hebdo" n. 3
Date:
Sun, 4 Oct 1998 12:43:18 퍭
From:
"serv. informazioni Congosol" <congosol@skyol.it> To:
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AVANT - PROPOS

Le feuillet "Droits de l'homme Hebdo" est une co-initiative ouverte des organisations non-gouvernementales des droits de l'homme dans leur souci de materialiser leur determination de collaborer plus etroitement en vue d'assurer une meilleure prise en charge des questions des droits de l'homme en republique democratique du Congo (RDC).

Dans la realisation de cette oeuvre commune des ONG, la collecte, le traitement et la diffusion de l'information sur la situation des droits de l'homme dans le pays constituent une des taches essentielles surtout en ces moments cruciaux ou' la RDC est serieusement mise a' rude epreuve par une agression armee qui met manifestement en peril son integrite' et sa souverainete'.
Dans ce contexte de dechainement des forces armees en presence, il est important d'oeuvrer laborieusement non seulement pour le respect par les parties en conflit de la charte des Nations Unies et de la charte africaine des droits de l'homme et des peuples mais aussi pour le triomphe des conventions de Geneve sur les appetits de conservation ou de prise de pouvoir par la voie des armes, un mode d'acces au pouvoir qui, somme toute, ne peut garantir a' la population ni l'avenement de la democratie, ni d'un Etat de droit charge' d'assurer, entre autres, la securite' des personnes et des biens, le bien - etre social, bref, le developpement integral conformement aux aspirations legitimes de la population congolaise, profondement meurtrie et esquintee par plus d'une trentaine d'annees de colonisation, de dictature, d'oppression et de misere les plus devastatrices.

"Droits de l'homme Hebdo" s'ajoute a' bon nombre de bulletins de liaison des associations congolaises de defense des droits de l'homme, sans aucune ambition d'emulation.
Il se veut simplement un feuillet complementaire d'information, et nourrit l'espoir de combler les deficits eventuels des faits dans un domaine aussi vaste que celui des droits de l'homme.

Toute contribution en vue d'ameliorer la qualite' du feuillet sera hautement appreciee.



FUSILLADE AU CENTRE PENITENTIAIRE ET DE REEDUCATION DE KINSHASA (CPRK) DU 18 au 19 aout 1998

En reaction a' l'arret du mouvement de liberation des prisonniers ayant des dossiers entaches d'irregularite' et la promesse de liberation conditionnelle des condamnes ayant accompli un quart des peines; aux conditions carcerales tres difficiles suite a' la precarite' des soins medicaux et l'insuffisance de la ration alimentaire et la psychose creee dans l'esprit des prisonniers par le matraquage mediatique des chaine de radios etrangeres sur la progression de la rebellion vers la capitale Kinshasa, le centre penitentiaire et de reeducation de Kinshasa (ex - prison centrale de Kinshasa) a ete' secoue' par une tentative d'evasion massive des prisonniers. A cet effet, un groupe des prisonniers du pavillon II, constitue' essentiellement des brigands et criminels civils et militaires ainsi que les prisonniers militaires du pavillon 10 se sont saisis des armes ravies aux agents commis a' la securite' de la prison pour faciliter ainsi l'evasion d'une centaine de prisonniers au moment ou' la majorite' des gardes avaient abandonne' leurs postes.
La fusillade s'est soldee par la perte de nombreuses vies humaines et des degats materiels importants dont l'incendie du pavillon 8 et du restaurant, le pillage du dispensaire, du batiment administratif, des magasins des vivres et la destruction de la chambre froide.
Des eclats de balles ont laisse' des impacts encore visibles sur les murs de la prison.
Environ 26 personnes ont trouve' la mort.
Avec l'intervention de renforts de la 50eme brigade du camp Kokolo, les prisonniers dechaines ont ete' maitrises dans la matinee du mercredi 19 aout 1998.
A ce jour, la presence de 500 militaires et policiers detenus dans ce centre a' la suite de leur tentative de desertion du front ne rassure pas les prisonniers civils et le personnel penitentiaire.

Le 19 septembre 1998, un groupe de detenus loges au pavillon II a' l'etage a tente' de s'evader n'eut ete' l'intervention des autres detenus loges au rez - de - chaussee du meme pavillon qui les ont dissuades. Apres ces evenements, des mines anti - personnel enfouies dans la cour de la prison constitue aujourd'hui un danger permanent pour les pensionnaires, le personnel et les visiteurs.
Deux de ces engins ont deja' explose' le vendredi 11 septembre 1998 sans causer des degats importants.

Sur le plan sanitaire et alimentaire, la situation est devenue catastrophique avec le pillage du dispensaire et du depot des vivres. La malnutrition et la precarite' des soins medicaux sont a' la base de nombreux deces des prisonniers dont les corps sont parfois abandonnes dans la cour interieure de la prison durant plusieurs heures.
D'ou', risque des epidemies avec le debut de la saison des pluies.

Depuis le 17 septembre 1998, l'editeur du journal l'Alarme, M. Bosange Yema Bofinda, en detention dans ce centre a ete' amene' a' l'hopital general de Kinshasa suite a' la deterioration de son etat de sante'. Il souffre de diabete, de rhumatisme aigu, de cecite' et des complications cardio-vasculaires.



ARRESTATIONS ARBITRAIRES ET DETENTIONS IRREGULIERES

  1. A la Radio Television Nationale Congolaise (RTNC), 13 journalistes sont accuses:
  1. Monsieur Raymond Luaula, redacteur en chef du journal Umoja a ete' enleve' au siege du journal le mercredi 23 septembre 1998 a' 14 heures par quatre agents de services speciaux de l'ANR. Il lui est reproche' d'avoir seme' la panique au sein de la population de Kinshasa avec la publication le meme jour dans le journal Umoja de l'article intitule' "Bukavu n'a jamais ete' bombardee".
    Il a ete' libere' le meme jour.

  2. Le 17 avril 1998, messieurs Koli Francois, Ibrahim Bamba, Mohamed Bamba et Mohamed Camara tous sujets guineens en voyage d'affaires en republique democratique du Congo ont ete' arretes a' l'hotel Intercontinental par les services speciaux du Conseil National de Securite' (CNS). Ils seront gardes successivement dans les locaux du CNS a' Binza, a' l'Inspection Provinciale de Police de Kinshasa (ex Circo) avant d'etre deposes le 26 avril au centre penitentiaire et de reeducation de Kinshasa. Ils totalisent deja' plus de 150 jours de sejour dans ce penitencier sous P.V. de saisie de prevenu, lequel n'a qu'une duree de 48 heures conformement a' l'article 73 de l'ordonnance n. 78-289 du 3 juillet 1978 relative a' l'exercice des attributions d'officier et agent de police judiciaire. Le document qui justifie la detention de ces personnes signe' par M. Honore' Lokali, directeur des services speciaux au CNS ne donne aucune precision tant sur les faits mis a' leur charge que sur la loi applicable in casu.

  3. Le 11 septembre 1998, 16 agents de la Banque Congolaise du Commerce Exterieur, ont ete' arretes et detenus a' l'Inspection Provinciale de la Police (ex - Circo) pour avoir revendique' les arrieres de leurs salaires de 26 mois impayes. Ils ont ete' liberes le 22 septembre 1998 sans avoir ete' inculpes. Il s'agit de: MM. Kulu Mayumbi Jose', Balimaka Charles, Lobala Jean, Mundingayi Jacques, Dieya Vangu, Teko Diamona, Papa Komako, Mukeba Jean-Pierre, Boa Lens, Assamba Monga, Eyale Efata, Mavangu Saladio, Ngamaka, Mpongo Ekua, Itembe Ilanga et Mapanga.

  4. Vendredi 11 septembre 1998, un sujet belge, directeur de la Sabena a ete' arrete' par un des services de securite' presidentielle denomme' "Inspection Generale de l'Agence de Securite' des Aeroports et Aerodromes" sur ordre du directeur du cabinet du chef de l'Etat, M. Yerodia Ndombasi Abdoulaye. Et ce, en signe de protestation contre la Sabena qui a impose' aux voyageurs en partance de Kinshasa une surtaxe d'assurance de 300$ US sans l'accord du directeur du cabinet du chef de l'Etat ni du gouvernement congolais.
    Detenus a' l'aeroport International de Kinshasa-Ndjili, le directeur et le chef d'escale de la Sabena seront liberes 24 heures apres suite a' l'intervention des autorites congolaises tant civiles que militaires.



DISPARITION FORCEE

Monsieur Belmonde Magloire Coffi Missinhoun, congolais d'origine beninoise, marie', pere d'un enfant, secretaire general et proprietaire du journal "le Point Congo" est porte' disparu depuis le 3 septembre 1998 a' ce jour. En effet, a' 14h30' de la meme date, M. Belmonde Magloire, qui venait de presider une reunion de redaction de son journal, est sorti de chez lui pour effectuer deux courses qui devaient le conduire successivement au ministere d'Etat a' la Presidence de la republique et a' l'hotel Intercontinental. Pour sortir, M. Belmonde a pris son vehicule de marque Toyota Prado 4x4 immatriculee BN 1994 C de couleur grise metallisee.
A bord de celle - ci se trouvaient l'editeur delegue' Louis Paul Eyanga et un etudiant venu de lui rendre visite.
Il debarquera l'editeur au niveau de la "Place Braconnier" et l'etudiant devant le building Sabena a' Kinshasa/Gombe.
Les vendeurs des journaux qui ont reconnu le journaliste ont temoigne' l'avoir vu pour la derniere fois le 3 septembre 1998 en train de se disputer avec des hommes en tenue civile, et qui avaient debarque' d'une voiture Mercedes blanche sur l'avenue Colonel Lukusa/Gombe entre Orgaman et l'Eglise Protestante Internationale.
Ce sont ces hommes qui l'auraient embarque' de force dans leur vehicule.. Depuis lors, sa famille et l'equipe de redaction du journal n'ont aucune information sur lui.
Les contacts pris avec les autorites militaires et les services de securite' a' ce sujet n'ont donne' aucune piste.
Il a ete' egalement signale' la disparition de sa voiture.



INSECURITE

  1. Le 8 aout 1998 entre 11h et 14h, le centre medical "La Trinite'" situe' sur l'avenue Kanda-Kanda n. 24 dans la commune de Kasa-Vubu a ete' l'objet d'un pillage systematique opere' par une douzaine des militaires venus a' bord d'une jeep Toyota Hilux de patrouilles des FAC. Apres avoir investi le centre, ces militaires l'ont fouille' de fond en comble sous pretexte de rechercher des rwandais qui y seraient gardes. Des materiels medicaux et une importante somme d'argent en devises et en monnaie locale ont ete' emportes.
    Les malades traumatises, le personnel ont ete' menaces de mort; Dr Robert Bavi, medecin - directeur et proprietaire du centre medical a ete' copieusement battu et depouille' de ses habits.
    Une autre fouille a ete' operee a' sa residence situee a' Kinsuka/Pompage. Son epouse et le domestique ont ete' molestes.
    Humilie' et accuse' d'etre rwandais, Dr Bavi n'a eu la vie sauve que grace a' l'intervention du Dr Sondji, ministre de la sante' publique du gouvernement de salut public de la RDC qui a assure' que l'infortune' est congolais originaire d'Ituri dans la province Orientale.

  2. Le lundi 31 aout 1998, vers 1h40', la famille Kayonsa Mobeya Romain, domiciliee sur avenue Djamena n. 12, Quartier Manenga dans la commune de Ngaliema, a ete' victime d'un vol perpetre' par 4 militaires dont 2 etaient munis des armes et 2 autres des baionnettes. Ces derniers se sont introduits dans la maison apres avoir cassee la porte. Ils ont mis le feu aux sacs d'habits pour s'en servir comme torche et operer facilement.
    Les jeunes garcons seront molestes avec leur papa en etat de convalescence avant d'etre enfermes tous dans une chambre.
    Les voleurs ont emporte' 240$ US plus 60.000.000 NZ appartenant a' des cambistes, et une somme de 21.000.000 NZ appartenant a' la maitresse de la maison.
    Le sous commissariat de la Police de Binza/Ozone situe' sur la Route de Matadi qui etait alerte' n'a pas ete' en mesure d'intervenir suite a' l'insuffisance de l'effectif.
    Malgre' la proximite' de la residence presidentielle et l'etat de couvre - feu, aucun militaire n'etait visible sur la Route de Matadi, pourtant parsemee par plusieurs barrieres routieres pendant la journee.

  3. Dans la nuit du 22 septembre 1998, M. Mufwa Ntima Roger, chauffeur a' l'OCPT, residant sur avenue Djamena n. 7, quartier Manenga commune de Ngaliema, a ete' victime d'un vol de vehicule de service dont il avait la responsabilite'. Ce vehicule sera abandonne' apres cambriolage devant la parcelle de l'une des victimes a' la cite' des Anciens Combattants a' Binza/Ozone. Ce qui aurait donne' la piste de M. Mufwa qui sera arrete' le 23 septembre au motif qu'il serait complice des vols operes avec ce vehicule.

  4. Le mardi 22 septembre 1998, vers 8 heures du matin, des tirs a' l'arme automatique ont retenti au quartier Television dans la commune de Masina lors de la levee de corps du commandant MBUMBA du Groupe Special pour la Securite' Presidentielle (GSSP) abattu lors des affrontements du 26 au 28 aout 1998 a' Kinshasa - Est. Ces tirs ont ete' relayes par les militaires des FAC postes sur le pont de la riviere Ndjili et ceux en faction sur le boulevard Lumumba au niveau des Eucalyptus au quartier 1.
    Cette salve des coups de feu s'est soldee par quelques victimes identifiees notamment M. Sayangi Wunakiau, age' de 25 ans et residant au quartier 1 commune de Ndjili qui a ete' atteint a' l'omoplate par une balle perdue. Dans cette panique, une femme d'une cinquantaine d'annee qui voulait se proteger contre les balles a ete' percutee par un vehicule militaire sur le boulevard Lumumba.
    Elle sera evacuee vers l'hopital Roi Baudouin pour des soins medicaux.

  5. Ce meme 22 septembre 1998, dans les apres-midi, deux soldats des FAC en etat d'ivresse se sont evertues a' tirer des coups de feu en l'air dans la peripherie du marche' Bitabe a' Masina. Avertis du danger, les elements commis au Groupe Special pour la Securite' Presidentielle (GSSP) en faction sur le boulevard Lumumba sont descendus sur le lieu pour maitriser ces elements incontroles et recuperer leurs armes.
    L'un d'entre eux du nom de Kitenge, qui n'a pas voulu obtemperer aux ordres, sera abattu sur le coup.



SITUATION D'APRES GUERRE

L'hopital kimbanguiste de Kimbanseke qui a accueilli un nombre important des victimes de guerre se trouve confronte' a' de serieux problemes: manque de produits pharmaceutiques de certaines specialites, reactifs pour laboratoire ainsi qu'une logistique appropriee.
Plusieurs cas exigent l'intervention des specialistes qui malheureusement font defaut a' ce centre.
Le personnel medical assiste impuissant au drame de ces victimes qui proviennent pour la plupart de familles demunies et qui manquent jusqu'a' la nourriture quotidienne.



EXHUMATION DES CORPS DES VICTMES DE GUERRE A KINSHASA

L'operation d'exhumation des corps superficiellement enterres dans les quartiers touches par la guerre de Kinshasa a demarre' le jeudi 24 septembre 1998 dans la concession General Motors situee dans la Commune de Masina, quartier 1.
Ce travail s'est etendu le jour suivant a' d'autres sites y compris ceux de la commune de Kimbanseke horriblement touchee.
Cette mission a ete' rendue possible grace a' la mise sur pied d'une commission mixte regroupant en son sein les organismes specialises de l'ONU dont: PAM, PNUD, HCR en collaboration avec la Croix - Rouge et le gouvernement congolais.



ASSISTANCE HUMANITAIRE
Les gouvernements et personnalites ci - apres ont apporte' une assistance humanitaire substantielle a' la population de Kinshasa touchee par la guerre.
Il s'agit notamment de:

SITUATION DES JOURNALISTES ETRANGERS ET CORRESPONDANTS NATIONAUX DES MEDIAS ETRANGERS

La journaliste Ghislaine Dupont, envoyee speciale de la Radio France Internationale (RFI) s'est vue refuser l'accreditation par le gouvernement congolais sans que le motif ne lui soit communique'.
Elle a du quitter Kinshasa en date du 24 septembre 1998 apres avoir travaille' pendant 3 jours.

Les correspondants congolais des medias etrangers eprouvent d'enormes difficultes quant a' l'acces aux sources officielles d'information. Selon ces derniers, ils ne beneficient pas de la confiance des autorites publiques qui estiment que toutes les informations critiques diffusees par les chaines etrangeres proviennent de leur part.
Ce qui les expose a' des intimidations et menaces de tout genre.



LA RENTREE - SCOLAIRE 1998-1999

La rentree scolaire annoncee par le gouvernement de salut public pour le 1er octobre prochain suscite plus d'inquietudes tant chez les parents reduits en contribuables pour la formation de leurs enfants que chez les enseignants insatisfaits de leurs conditions socio-professionnelles. Les parents sont confrontes aux difficultes financieres dues a' la conjoncture du moment.



FLAMBEE DES PRIX

Comme de coutume, chaque annee, a' l'approche de la rentree des classes, les fournitures scolaires augmentent de prix.
Cette annee, nonobstant la misere trop criarde imposee par la guerre a' la population de Kinshasa, les prix des fournitures scolaires ont encore evolues a' la hausse.

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