[17] DONNER LA PAROLE A LA BASE - IIia
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Subject:
DONNER LA PAROLE A LA BASE - IIIa
Date:
Wed, 13 Jan 1999 20:38:33 í (MET)
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"serv. informazioni Congosol" <congosol@skyol.it> To:
gruppi 1 2 3 <congosol@skyol.it>
SITUATION DANS LES TERRITOIRES OCCUPES.
- Province du Sud-Kivu.
- UVIRA (03 Aout 1998 et 1e Octobre 1998.)
- insurrection des banyamulenge en represailles a' la mort d'un de leur le
3 aout, des coups de feu nourris s'en est suivi ;
- des villages entiers brules sur le littoral du lac Tanganika, de Wimbi
Port a' Yungu en passant par Kitoke et Hona des charniers y existent encore ;
- des civils tues par balles dont des jeunes gens ;
- resistance des FAC mais tres vite a' court de munissions et
affaiblissement par manque de renfort ;
- echec de tentative de reconciliation entre FAC et banyamulenge, et
reprise de la fusillade par le ceux derniers pour le controle de la ville ; -
resistance des mayi-mayi qui pillent les maisons de banyamulenge pour recuperer
forte munitions et armes et tout munyamulenge reste' dans la maison ;
- plusieurs morts dont 200 deja' le 5 aout, 2 jours seulement apres les
hostilites ;
- intervention des troupes ruandaises et ougandaise qui avance vers le
centre ville d'Uvira apres quelques accrochages avec les loyalistes aides par
les mayi-mai a' Kakungwe, plusieurs officiers ruandais et banyamulenge y sont
tues, mais Uvira passera en fin de compte sous controle des agresseurs ;
- pillage de la Cathedrale d'Uvira par les banyamulenge ainsi que des
chambres des pretres, des habitations d'hommes d'affaires locaux, les materiels
et vehicules de lux traversent la frontiere en direction du Ruanda ou du Burundi,
pillage de la banque ainsi que les bureaux et residences des ONG
internationales, instauration de la terreur, logique de mort, d'enlevement et de
viol ;
- le 18 aout, 4 camions remplis de jeunes soldats quittent Bujumbura pour
Uvira, il s'agit des eleves finalistes que l'on envoie au front aux cote' des
banyamulenge avec d'autres militaires et quelques milices burundaises appelees "
sans echec ", il y a aussi intervention de la patrouille de marine de guerre
burundaise Mutara.
- BUKAVU :
* S.O.S pour la population du Kivu du 03 septembre 98
- Les faits :
- la population redoute le pire apres l'echec des rebelles sur le front
ouest, mais aussi avec l'annonce de la contre offensive des FAC et allies ; -
deploiement accru des troupes venant de l'Ouganda, du Rwanda et du Burundi, et
mobilisation des differentes milices : May-May, Ex-FAR, Interhamwe, Nalu un
veritable brasier qu'est devenu le Kivu ; - perturbation dans la vie quotidienne
des gens et actes de banditisme de toutes sortes operes par des hommes armes et
militaires couverts par leurs officiels ;
- massacre le 24 aout 98 par des militaires rwando-ougandais dans la
collectivite' de Kasika dont le dernier bilan se chiffre a' 633 morts sans
compter les disparus, des innocents ; le Commandant Ondekane a reconnu
publiquement la responsabilite' de ses troupes dans ces massacres ; - aveu
d'impuissance du commandant Ondekane quant a' l'autorite' qu'il exerce sur ces
troupes etrangeres, depuis la guerre de 96, il existe deux sortes de
commandements au Kivu : un congolais officiel et un autre tutsi-rwandais occulte,
mais effectif ;
- la population se sent totalement abandonnee a' elle-meme et s'interroge
d'ou' lui viendra le secours, tous les organismes humanitaires nationaux et
internationaux ont quitte' la region et toute communication avec l'exterieur
devient impossible sur decision de l'autorite'.
- Recommandation :
- ne pas laisse' libre cours a' la violence aveugle des armes ; - tout
mettre en Šuvre pour parvenir a' une solution politique et equitable du conflit
en tenant compte, dans les negociations, des desiderata de la population ;
- eviter toute solution hypocrite qui masquerait sous les apparence d'un
gouvernement regional fantoche une continuation de la domination administrative
et militaire rwando-ougandaise dans le Kivu ; - exiger le depart de toutes les
troupes etrangeres du territoire congolais - securite' aux frontieres ;
- deploiement d'urgence d'une equipe internationale d'observateurs chargee
de temoigner de l'Etat des lieux en matiere des droits de l'homme et de la
securite'.
* S.O.S Bukavu du 19 septembre
- Les faits :
- inefficacite' de l'autorite' militaire a' proteger les droits de la
population civile et a' sanctionner les abus commis contre elle, ce pouvoir
militaire est tenu par les officiers rwando-ougandais qui poursuivent leurs
objectifs et ont leur propre strategies, ils sont couverts par la presence
d'officier congolais qui font fonction de figurant et sont incapable
d'intervenir surtout sur les soldats non-congolais ;
- quasi - inexistence de l'autorite' civile du reste contestee par la
population et neutralisee par les militaires ;
- manque de confiance et de collaboration entre la population et le RCD, en
depit des tentatives de sensibilisation et autres subtiles pratiques et
corruption ;
- absence de l'autorite' morale qui prenne se veut porte-parole des
interets des gens et de ses besoins les plus urgents vis-a-vis du pouvoir et de
la communaute' internationale ;
- accroissement de l'insecurite', pillage systematique de tous les stocks
de nourriture et des medicaments des organisations humanitaires internationales
par les militaires en plein jour, fermes, cheptels ; la Banque centrale de
Bukavu a ete' aussi videe de son argent et l'on craint une carence en
circulation des billet de banque ;
- saisie et vol de vehicules pour emploi militaire ou exportation au Rwanda,
confiscation de tous les moyens de communication par l'autorite ; - attaque
quotidienne des bandes armees contre des proprietes privees pour voler de
l'argent et autres biens de lux pour exportation au Rwanda ; - bouclages
reguliers des differents quartiers de la ville suivi des perquisitions des
maisons et ratissages sous pretexte de recherche d'armes, de soldats congolais
deserteurs ou des may-may, ces operations occasionnent souvent des vols et
violences exercees sur la population ; - enlevement et disparition frequentes de
personnes, assassinats isoles et gratuits, il y a souvent aussi des massacres
collectifs de la population civile a' titre de represailles : Kasika, Uvira,
Kitutu ; - deterioration de la vie sociale et appauvrissement generalise' de la
population, l'activite' economique est sensiblement tres reduite, plus des
recettes pour la grande majorite' des familles, les principales voies de
ravitaillement qui relient la
ville aux Zone agricoles plus productives sont inaccessibles tres peu sures ;
- sur le plan psychologique, on observe le desarroi, le decouragement et la
decheance morale, la population vie le traumatisme psychologique d'une
occupation et d'une oppression militaire et non une euphorie d'une liberation
comme on voudrait le faire croire ;
- existence dans le chef de la population de sentiment d'hostilite', de
rancŠur, de haine et de rejet vis-a-vis des Tursi oppresseurs ainsi que ceux qui
collaborent avec eux ; les appels lances par la radio clandestine qui se dit
l'expression de la lutte armee de may-may exacerbe ces sentiments qui couvaient
depuis deux ans deja ;
- exportation par les hutu et les tutsi de la haine et la folie genocidaire
parmi les paisibles populations du Kivu.
- RESISTENCE VIS A VIS DE LA " REBELLION " ET REFUS DE LA GUERRE. (Bukavu
le 9 Octobre).Apres deux mois de guerre on constate un phenomene incontestable :
la population congolaise du Kivu manifeste vis a' vis de la " Rebellion " et du
leadership politico-militaire du RCD (Rassemblement Congolais pour la Democratie)
une resistance ouverte et un refus profond de la guerre. Comment expliquer cela
?les populations du Kivu sont fondamentalement pacifiques. Elles n'ont pas de
mentalite' ni belliqueuse ni genocidaire. Le respect de la vie et l'accueil de
l'etranger sont profondement encres dans leur culture.
- Le RCD, qui s'attribue l'initiative de cette guerre beneficie du soutien
militaire et diplomatique avere' de Puissances Regionales (Ouganda, Rwanda et
Burundi) dont la population congolaise redoute les ambitions hegemoniques et la
domination. Les signes de cette resistance, qui ne fait que s'accroitre, sont
nombreux et diversifies. En voici quelques uns des plus significatifs et des
plus recents. Refus d'envoyer les enfants a' l'ecole. Les Autorites de la "
Rebellion " ont decrete' a' deux reprises, le 21/9 et le 5/10, l'ouverture e de
l'annee scolaire. Malgre' la campagne de sensibilisation qui a precede', les
parents n'ont pas envoye' les enfants a' l'ecole. Ceci est un acte tres fort de
" desobeissance civile " de la part d'une population qui, depuis 1992, a
pourtant su s'imposer des sacrifices enormes pour scolariser ses enfants,
malgre' la cessation du payement des salaires par l'etat, l'invasion massive des
refugies Hutu en 1994 et la guerre d'octobre 96 - mai 97. Les motivations que
les parents ont
avance' pour ce refus sont les suivantes :
" Votre guerre nous a reduit a' la misere. Nous ne sommes plus en mesure de
supporter le poids de la scolarisation de nos enfants : minerval, achat des
fournitures scolaires, prime pour les enseignants "
- " Vous, les Autorites de la 'Rebellion', vous ne nous garantissez pas la
securite'. Certaines de vos initiatives et de vos paroles nous font craindre le
recrutement force' de nos enfants. Nous voyons d'ailleurs certains d'entre vous
entoures d'enfants - soldats ruandais, parfois a' l'age meme de l'ecole primaire
"
Refus des billets de 10, de 20 et de 50 Francs congolais. Ces billets, apres
avoir ete' sortis illicitement des Banques de la Province du Kivu par les
Autorites de la 'Rebellion ?, ont ete' recemment injectes dans le circuit
monetaire locale, entre autres par le payement des soldats congolais engages du
cote' de la 'Rebellion'. Cette operation a provoque' une brusque devaluation de
100% du Franc congolais. Ainsi, apres avoir discredite' L'Institution Bancaire,
on a voulu depouiller les gens de leurs dernieres epargnes en dollars. Les gens
n'ont pas du tout apprecie' cette manŠuvre et les vendeurs ont refuse' de servir
les soldats qui allaient faire des achats au marche' en payant avec ces billets.
A rien n'a valu meme l'intervention personnelle de Bizima Karaha, l'un des
principaux leaders politiques de la 'Rebellion', pour les convaincre a' accepter
ces billets. Cela se passait au marche' central de Bukavu le 3/10/1998. c)
Reticence a' payer taxes et impots. Certains petits vendeurs preferent
s'abstenir d'e
taler leurs marchandises au marche' pour exprimer peur reticence a' payer
taxes et impots qui pourraient servir a' financer cette guerre.
- Refus de contact avec les forces rebelles. Contrairement a' l'accueil
reserve' il y a deux ans par beaucoup de gens aux soldats 'rebelles' de Kabila,
on constate actuellement que la population civile, a' l'approche des forces
'rebelles', fuit systematiquement villages et centres pour se refugier dans la
foret. Ainsi, pas exemple, dans la tres vaste zone de l'Urega, de Kasika
jusqu'a' Kalima, il y a enormement de deplaces sans aucune assistance
humanitaire.
- Ferme condamnation de la guerre de la part des Eveques Catholiques du
Kivu. Dans une lettre redigee a' Goma le 1/10/1998 ils denoncent avec vigueur
cette guerre " dont les mobiles ne sont pas clairs " et " qui prolonge
cruellement la souffrance du peuple ".C'est de cette maniere pacifique, mais non
moins eloquente, que la population du Kivu desabusee et fatiguee de cette guerre,
veut faire comprendre aux dirigeants de la 'Rebellion ' ce message precis : "
Arreter cette guerre insensee ! Ce n'est pas par la guerre que vous pourrez nous
apporter la Democratie et le bien-etre ! "
Le 9 Octobre 1998
- LES EVEQUES DU KIVU
( le 01 Octobre 1998.)
- Les faits :
- surprise de voir le pays revivre une nouvelle guerre dont les mobiles ne
sont pas clairs ;
- denonce cette guerre et la qualifie de peche ;
- insiste sur le desire du peuple pour la paix, l'harmonie sociale, le
developpement ;
- mecontentement du peuple par rapport a' cette guerre et la mefiance
reciproque entre des responsables politiques voisins ;
- absence de volonte' de mettre fin a' la guerre.
- Les causes :
- exclusion dans la gestion du pouvoir, l'arbitraire, l'egoisme, les
alliances selon les interets,
- opposition entre les ethnies ( minorites - majorites) et exploitation des
conflits ethniques pour provoquer et organiser la guerre ; - absence de la paix,
la securite', la justice depuis la guerre de liberation et specialement dans le
Kivu ;
- la desinformation, la rumeur ;
- la pauvrete' et la misere empeche toute analyse lucide de la situation et
une comprehension exacte des differentes positions ;
- mefiance reciproque entre des responsables politiques de la region.
- Les consequences :
- prolongement de la souffrance et augmentation de la misere de la
population ; - retard dans le processus democratique devant conduire vers un
Etat de droits et renforcement de l'arbitraire et flottement dans
l'administration ; - des tueries des innocents, des massacres, des destructions,
des recrutements forces de mineurs ;
- la violence aveugle et systematiquement organisee mais egalement la haine
et la division intercommunautaire ;
- compromission serieuse de tout effort de dialogue, de tolerance et de
fraternite' intercommunautaire ;
- le risque que la RDC devienne un champ de bataille de plusieurs nations ;
- destruction des infrastructures economiques et sociales.
- Recommandations :
- demande l'arret immediat de la guerre et instauration du dialogue entre
les parties en conflit ;
- organisation d'un dialogue interne, entre responsable nationaux impliques
dans cette guerre, sans delai et sans condition ;
- l'urgence s'impose d'asseoir une legalite' fondee sur les principes
democratiques et non issue d'une guerre de conquete du pouvoir ou d'un coup
d'Etat ;
- la volonte' de construire la paix et la securite' pour le bien-etre du
peuple ;
- privilegier l'interet de la nation et le bien-etre du peuple.
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