[19] DONNER LA PAROLE A LA BASE - IIic
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DONNER LA PAROLE A LA BASE - IIIc
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Wed, 13 Jan 1999 20:39:55 퍝 (MET)
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"serv. informazioni Congosol" <congosol@skyol.it> To:
gruppi 1 2 3 <congosol@skyol.it>
- COJESKI (Collectif des Organisations et Associations des Jeunes du Sud
-Kivu). BUKAVU, le 20 novembre 1998
Vue synoptique sur les violations massives des droits de l'homme pendant les 3
premiers mois d'agression du Sud-Kivu / Bukavu, le 20 novembre 1998
- Forfaits
1 Les massacres humains et viole des femmes
- Le lundi 03 aout 1998 vers 16 h 00', un groupe de 38 Officiers et une
centaine de soldats des Forces armees congolaises, prealablement desarmes, a
ete' assassine' a' l'aeroport de Kavumu dont les commandant du 202me bataillon,
Mrs Mutshapa et Epelele.
- Le lundi 24 aout 1998, plus de 856 personnes ont ete' massacrees a'
Kasika, dans la chefferie de Lwindi et en territoire de Mwenga. La majorite' des
cadavres decouverts sur un trajet de 60 km depuis Kilungutwe jusqu'a' Kqasika,
etait essentiellement des femmes et des enfants. Les femmes etaient violees
avant d'etre assassinees en les ouvrant a' l'aide des poignards, du vagin
jusqu'au ventre.
- A Kilungutwe, plus de 127 personnes massacrees, sans compter de nombreux
cadavres d'enfants jetes dans les fosses des toilettes indigenes, victimes de
l'intolerance. Parmi eux: Madame Nabonga (veuve de 65 ans) avec toute sa famille
de 8 personnes,
- A Kalama, 16 personnes massacrees, de la famille de Monsieur Mutewa
residant a' Bukavu, sur l'avenue Kasai, dans la commune d'Ibanda et 31 personnes
assassinees de la famille de Monsieur Magara resident a' Ibanda ( Bukavu ).
- A Kasika, masacre des membres de la famille du Mwami de Lwindi Francois
Mubeza y compris lui-meme et sa femme Yvette Nyanghe. Dans la seule parcelle
royale, 37 cadavres ont ete' decouverts.
- A la Paroisse catholique de Kasika, plus de 116 personnes massacrees dont
l'Abbe' Stanislas Wabulakombe, quatre religieuses et plusieurs fideles. - Dans
la foret avoisinant les villages de Kasika ou' les habitants dudit milieu
avaient pris refuge, plus de 400 personnes ont ete' massacrees : hommes,
vieillards, femmes, enfants et jeunes.
La Liste des victimes du massacre de Kasika est tres longue - A Mwenga Centre,
pendant le mois de septembre, apres un accrochage survenu entre les forces
d'agression essentiellement Tutsi et les forces Nationalistes " Mayi Mayi ",
les envahisseurs s'etaient mis a' pilonner et a' incendier toutes les
habitations se trouvant au centre territorial : 43 cadavres ont ete' retrouves
dans le decomre dont certains etaient calcines. - Dans les decombres de la
parcelle royale de Mwenga, 11 cadavres ont ete' retrouves dont le cadavre de
Madame Namahabu veuve du feu Mwami Mwenga, 5 cadavres dont 3 d'enfants dans les
decombres des maisons voisines et 29 autres cadavres etaient retrouves dans des
maisons situee a' l'entree des sentiers conduisant dans les forets de Mwenga.
- En date du 2 septembre 1998, voulant couper la route aux militaires de
l'armee reguliere qui etaient stationnes a' Kamituga, les forces d'agression
sont arrivees a' Kitutu, d'ou' a ete' signale' un massacre de 13 personnes,
- Lundi 03 aout 1998 de 3 heures a' 10 heures du matin: affrontement entre
les forces Gouvernementales et les forces d'agression a' l'issue duquel plus de
150 cadavres ont ete' enterres le mardi 04 aout, dont une vingtaine pres de la
station carburant du Marche' de Nyawera en face de la mosquee d'Ibanda,
- Toujours dans la premiere quinzaine du mois d'aout, assassinat de cinq
personnes dont le vieux Ndongonzi (commandant de la Police Nationale) a' la
place Major Vangu dans le quartier Essence, en plus des autres executions
sommaires a' Cimpunda et a' Karale dans la commune de Kadutu; - A partir de la
deuxieme quinzaine du mois d'aout : assassinat publique d'un jeune homme age'
d'environs 30 ans repondant au nom de Claude, de Mr. Kashama, Haut fonctionnaire
de l'Agence Nationale des Renseignements " ANR/Sud Kivu ", de Mr. Sali, gerant
de la plantation Cibeke/Walungu pour n'avoir pas donne' l'argent que les soldats
Tutsi lui avaient exige ; - En novembre 1998, 12 cadavres ligotes ont ete'
decouverts vers le grand abattoir public de Bukavu, les auteurs du forfait
etaient des agresseurs militaires.
- Fin octobre 1998 et debut novembre de la meme annee, enlevement de Mr.
Denondo, boxeur de sont etat, habitant la commune de Kadutu pour avoir refuse'
de s'enroler de force dans l'armee du RCD (Mouvement Politique des forces
d'agression). Officiellement, il etait accuse' d'avoir ete' entraineur des Mayi
Mayi (forces autochtones de resistance). - Apres le controle de la commune de
Bagira, au bout de 4 heures d'hostilite', par les combattants Mayi Mayi, soit de
9h30' a' 12h30' du samedi 05/09/1998, les forces d'agression ont fait des
represailles sur la population locale pour avoir accueilli chaleureusement les
Mayi Mayi. Bilan : 6 personnes tuees.
- Taux eleve' de mortalite' enfantine et senile du a' l'inaccessibilite'
geo-economique des populations aux soins de sante' primaires - Dans la sous
-localite' de Rubuga, 15 personnes ont ete' enlevees puis elles ont retrouvees
mortes deux jours plus tard, parmi lequel Mr. Kasholere, petit-frere du Pasteur
Kwaja de l'eglise de Pentecotes de Lemera - 17 personnes ont ete' tuees et par
la suite enterree dans une fosse commune dans le village de Rukobero, et 4
pasteurs pentecotistes tues dans un centre hospitalier missionnaire de la
localite' de Lemera,. Il s'agit de MM. Matoto, Kazera, Evariste et Kinyota.
- Le 05 octobre 1998, 20 civils ont ete' tues dans le quartier montagneux
de Kitundu, et 48 autres le 06 octobre 1998, dans la localite' de Lubarika, - Le
matin du 5 novembre 1998, des cadavres ont ete' decouverts au pont de Kalundu a'
Uvira, les victimes avaient ete' enlevees plusieurs jours avant qu'on ne
decouvre leurs corps
- Plusieurs autres massacres des autochtones parmi les intellectuels et
personnes actives ont ete' signales a' Uvira dont : 326 corps trouves dans la
riviere Rushima non loin de Luberizi, 547 corps enterres dans une fosse commune
de Bwegera, 138 corps retrouves dans un charnier, dans la localite' de Luvungi.
- Le 20/08/98, 47 personnes civiles ont ete' tuees par les rebelles Rwando
-Ougandais du R.CD. a' Kazimia dans la Zone de Fizi. - Dans la nuit du 28 au 29
d'octobre 1998, 22 personnes ont ete' executees dans la localite' de Swima (Fizi)
, soupconnees par les forces burundaises d'occupation, d'etre des combattants
Mayi May.
- Comme consequence de ce massacre : la fuite des milliers des personnes
vers Kigoma en Tanzanie tout en laissant biens, argents, animaux domestiques
- Les arrestations arbitraires, les traitements inhumains et degradants -
plus de 278 personnes ont ete' illegalement detenues dans divers endroits au
cours de trois premiers mois d'agression du Sud-Kivu. Elles ont ete'
arbitrairement arretees sans suivre la procedure judiciaire, la magistrature
etant pour le moment paralysee. La plupart d'entre eux subissent quotidiennement
des tortures mais egalement de traitements inhumains et degradants. Quelques cas
parmi eux ()
b Recommandations pour une Paix durable dans la Sous-region des Grands - Lacs.
()
Fait a' BUKAVU, le 20 novembre 1998
- Mgr. KATALIKO, Archeveque de Bukavu
( Bukavu, le 5 decembre 1998 )
MESSAGE AUX FIDELES DE BUKAVU
ET AUX HOMMES DE BONNE VOLONTE
Chers freres et surs dans le Christ,
- Nous vivons le temps liturgique de l'Avent qui nous prepare a' la venue
messianique de Jesus. C'est le temps de l'attente dans l'esperance qui remplit
toute l'Histoire du Salut. Cette attente s'est toujours faite pendant les temps
les plus difficiles : l'esclavage en Egypte (cfr. Ex 6ss), l'exil en Babylone
(Is 55), l'oppression grecque et romaine (2 Macc 6-7). Dieu n'a jamais manque'
de se manifester dans ces situations de detresse, de domination et de peur. Il
demande au peuple force, courage et confiance en son action. C'est l'attitude de
la conversion qui demande le passage de l'etat de defiance - ou' l'homme, livre'
a' lui-meme, se trouve dans la decheance consecutive a' ses uvres - a' l'etat
de confiance - ou' l'homme, anime' par le souffle et la grace de Dieu, s'attelle
a' retrouver sa dignite' et sa nature originelle.
- Dans la situation actuelle, tous aspirent au bien-etre, a' la securite',
a' l'education et a' la scolarite', a' une alimentation saine et suffisante, a'
des soins de sante' appropries et accessibles, a' des salaires justes et
equitables, a' la dignite' de tout un chacun et, pour tout dire, a' la paix.
Ceux qui se battent et ceux qui sont combattus aspirent tous a' ce meme ideal.
Malheureusement, certains veulent y parvenir par les armes, au detriment des
autres. Ils croient que par la seule domination, ils peuvent s'assurer, a' eux
tout seuls, une paix durable. Pourtant, l'experience de l'histoire montre autour
de nous comment des peuples ou des communautes qui ont su depasser rivalites,
ont construit une paix et une prosperite' durable (France et Allemagne, Chine et
Japon, Blancs et Noirs en Afrique du Sud). Pourquoi croit-on qu'en Afrique
Centrale l'accentuation des extremisme ethniques constituerait une solution ?
- La situation dans laquelle nous nous trouvons est extremement complexe :
- La lutte ethnique du Rwanda et du Burundi deversee sur le Congo ; - Une
dynamique d'occupation (reconnue par toutes les forces en presence) sous
pretexte de proteger leurs frontieres ;
- L'emergence des mouvements autochtones de resistance armee a'
l'occupation etrangere ;
- Les luttes intestines entre congolais pour le pouvoir, sous le couvert de
mouvements de " liberation " ;
- La tentative d'un redecoupage geopolitique des frontieres, orchestre par
des grands et execute' par procuration, au mepris de la Charte de l'ONU, de
l'OUA et de la detresse des peuples.
Tous ces acteurs en conflit pretendent agir au nom du peuple, pour le peuple et
pour la liberte'. Mais quelle est la place du peuple dans leurs debats, dans
leurs initiatives et dans leurs negociations ? Tout cela se fait en general sur
le dos de la population, sans qu'on lui demande son avis !
- Heureusement, a' cote' de ces demarches nocives, nous en percevons
d'autres, qui sont autant de signes d'espoir de la part des personnes physiques
ou morale lesquelles essayent d'assumer les aspirations de notre population.
- " Remets ton epee dans le fourreau " : message des eveques du Kivu (CEPKI)
du 1/10/98.
- Declaration de la Conference episcopale nationale du Congo (CENC), du
6/11/98.
- Message du Pape Jean-Paul II, a' l'occasion de la visite de president
Kabila au Vatican, le 26/11/98.
- L'accord de principe de Paris pour une cessation immediate des combats,
du 28/11/98.
- Plus pres de nous, la Societe' Civile du Sud-Kivu, veritable expression
de l'opinion du peuple, vient de publier une proposition du " Plan de paix ", en
date du 9/11/98. Ce plan implique entre autres les points suivants :
- Que les armes se taisent ;
- Que les forces etrangeres d'occupation se retirent ;
- Que la communaute' internationale prevoie un mecanisme qui securise les
populations locales des territoires occupes ;
- Que cette force procede au desarmement des milices presentes sur le
territoire congolais ainsi que l'evacuation des refugies venus des pays voisins,
en direction de leur pays ou d'autres pays d'accueil ; - Que cette force
supervise egalement le retrait rapide des troupes alliees au gouvernement
central ; (cfr. Plan de paix, p6)
Cette Societe' Civile s'etait deja' illustree a' la conference nationale
souveraine pour ses prise de position en faveur de l'etablissement d'un Etat de
droit.
Nous, pasteur du peuple de Dieu qui est a' Bukavu, reconnaissons la' des
aspirations legitimes du peuple, que nous encourageons de toute notre
sollicitude pastorale. Nous souhaitons que, a' l'interieur comme a' l'exterieur,
les uns et les autres depassent leurs peurs, leurs egoismes, pour que les
citoyens de notre pays, comme ceux des pays voisins, travaillent a' la
reconciliation nationale, a' la democratie et la bonne gouvernance.
- Comme pasteur du Peuple de Dieu, je m'adresse aux fideles de Bukavu ainsi
qu'aux hommes de bonne volonte'. Nous devons comprendre que cette paix n'est pas
seulement le don de Dieu que nous implorons tous les jours avec ferveur, ni
seulement le fruit des negociations qui se font ailleurs par des grands, sans la
participation du peuple, mais qu'elle doit etre surtout le fruit de notre
engagement quotidien autour des valeurs chretiennes et humaines de la confiance,
de la solidarite', du pardon, de la reconciliation, de la justice, du travail,
La paix n'est pas d'abord le resultat d'une lutte armee, mais surtout d'un
combat humain, culturel et spirituel ardu.
- Nous lancons un appel pressant aux autorites locales pour qu'elles
exercent leur autorite' afin d'empecher les militaires de piller villages et
paroisses de l'interieur et qu'elles cessent de traquer la population par la
vaste campagne d'arrestations en cours. Ces pratiques ne sont pas propres a'
ramener un climat de serenite'. Nous en appelons une fois de plus a' la
conscience et a' la responsabilite' des autorites militaires et politiques,
nationales et internationales, pour qu'elles uvrent a' la construction d'une
paix durable et profitable a' tous.
- Comme Marie, notre Dame de la paix, patronne de notre diocese,
renouvelons notre confiance en Dieu qui n'oublie jamais son alliance : " son
amour s'etend d'age en age sur ceux qui le craignent " (Lc. 2,50)
" Sois fort et prend courage, espere le Seigneur ! " (Ps 23.23)
Fait a' Bukavu, le 5 decembre 1998
Emmanuel KATALIKO, Archeveque de Bukavu.
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