[20] DONNER LA PAROLE A LA BASE - IVa
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DONNER LA PAROLE A LA BASE - IVa
Date:
Wed, 13 Jan 1999 20:37:05 퍝 (MET)
From:
"serv. informazioni Congosol" <congosol@skyol.it> To:
gruppi 1 2 3 <congosol@skyol.it>
PROVINCE ORIENTALE. KISANGANI ( LE 18 SEPTEMBRE 1998.)
- Justice et Liberation
- Les faits :
- denonce la guerre du RCD commencee encore une fois du Kivu avec comme
objectif affiche' de " chasser la dictature naissante de Monsieur Kabila ", et
fait le bilan de ses premiers 45 jours ; lundi 03/08/1998 des coups de feu
episodiques sont entendus a' l'aeroport de Bangboka dans l'apres-midi, puis dans
la nuit de lundi a' mardi, l'aeroport deviendra le theatre d'une fusillade
nourrie ;
- siege de la ville avec la complicite' des elements de la Police Militaire
par les soldats rwandophones restes au centre urbain et qui ont assiege' le Camp
Ketele et se sont procures des armes ;
- resistance des forces loyalistes et des ex-FAZ precipitamment rearmes
pour la circonstance, les loyalistes controlent l'aeroport et empechent
l'atterrissage d'un avion venus renforcer les insurges ;
- des tires d'armes automatiques, perquisition dans les maisons des
rwandophones tutsi, civils et militaires et arrestation des congolais soupconnes
d'etre en intelligence avec les insurges ;
- controle de la ville ainsi que de l'aeroport par les loyalistes avec
l'appui des troupes venues de Kinshasa, les insurges evacuent Kisangani par la
route Ituri et la route Lubutu ;
- le couvre-feu est instaure' de 18H a' 6H du matin, certains rwandophones
et des presumes complices congolais sont mis en protection a' la Police
d'Intervention Rapide (P.I.R.) pour les soustraire a' la vindicte populaire et
a' la mechancete' des inciviques isoles, militaires ou civils, ils seront bien
traites sur ordre du Commandant de la Police ; - organisation d'une marche de
colere contre les " ennemis de la Republique " et de soutien au Chef de l'Etat,
au moins 10.000 personnes sont descendues dans les rues de Kisangani scandant
des slogans hostiles aux rwandais, ZAIDI NGOMA et ses allies consideres comme
des traitres a' la solde des rwandais, les manifestants encadres par les
elements des FAC portent toutes sortes d'armes blanches, sans aucun debordement;
- enrolement des volontaires, les forces gouvernementales, regulierement
ravitaillees par Kinshasa, se reorganisent et patrouillent en collaboration avec
la population, distribution d'armes aux may-may ;
- entree des forces rebelles, panique dans la population creer par les
militaires revenus du front sur l'axe Lubutu, ou' des combats violents auraient
eu lieu, les forces gouvernementales decrochent sans grande resistance; un
communique' radiodiffuse', signe' par le commandant Bernard BIAMUNGU des Forces
Rebelles, annonce la prise de la ville et la levee du couvre-feu ;
- les rebelles sillonnent la ville en triomphateurs, requisitionnent des
vehicules et des motos, certains ne parlent qu'anglais, d'autres le kinyarwanda
ou un shwahili inhabituel, d'autres enfin le lingala et le francais, trois
composantes donc dans ce mouvement arme : ougandaise, rwandaise et congolaise ;
- la population ne s'y reconnait pas, se sentant envahie et dominee, elle
renacle ;
- tentative de pillage des paroisses de St-Joseph (Tshopo) et Christ-Roi
(Mangobo) par des militaires et afrontement entre ces derniers et la population
armees avertie par les sons des cloches des eglises ; - les soldats rwandophones
sont progressivement remplaces par les elements congolais qui essaient de
ramener le calme ;
- mefiance grandissante dans la population en meme temps aussi la crainte
des represailles fait redouter le pire ;
- deplacement et demenagement des plusieurs familles, les activites
commerciales et administratives sont paralysees, les gens restent chez eux, les
autorites civiles sont introuvables, les denrees coutent extremement cher, le
taux de change du dollar monte, la confusion et l'anarchie s'installent malgre'
les appels de la delegation politique venue de Goma pour engager des pourparlers,
d'autre part, c'est la course au pouvoir et plusieurs personnes au profil
obscur postulent aux postes vacants ; - les accusations contre les anciennes
autorites politico-administratives frisent parfois un appel a' la haine et a' la
vengeance, le tout se passe sur fond d'un climat d'insecurite' generalisee
imputable aux soldats rebelles, aux FAC et ex-FAZ, aux Mayi-Mayi, aux anciens
policiers, et aux bandes des civils armes, et la situation reste confuse
jusqu'a' ce jour ; - la rebellion renforce lourdement sa presence militaire en
hommes et en materiel, des chars de combat sillonnent quelques fois la ville en
pleine journee ava
nt d'aller stationner a' des postes nevralgiques ; - de facon generale, la
panique pese sur la ville depuis que les affrontements ont commence', en plus du
desordre rien ne marche normalement, les gens se reveillent sans daigner prevoir
la fin de la journee; ils se rendorment - quand ils peuvent - sans etre surs de
revoir le jour suivant, personne n'est rassurer de la certitude des intentions
des rebelles ;
- les insurges multiplient des rencontres sans beaucoup de succes avec les
operateurs economiques pour les convaincre a' relancer les activites, les
communications nationales et internationales sont interdites, " radio trottoir "
et l'intoxication marche tres bien ;
- la situation qui y regne confuse fait craindre a' la population le danger
de la partition du pays, " Notre pays doit rester un et unifie " disent les gens
;
- violation massive des droits de l'homme categories : atteintes a' la vie,
tortures, arrestations, atteintes aux droits des enfants, atteintes au droit a'
la sante', atteintes aux droits sociaux et economiques, atteintes a' la
securite' et atteintes a' la propriete' pivee, execution sommaires. (cfr. la
longue liste de ce rapport).
- Les causes :
- les hostilites qui ont commence' le 2 aout 1998 a' Kisangani ont comme
source apparente le rapatriement des soldats rwandais, anciens allies de l'AFDL,
dans leur pays ;
- refus des soldats ruandais devant regagner Kigali d'embarquer, ils
exigent des indemnites compensatoires pour des loyaux services rendus a' la
R.D.C;
- la prise du pouvoir par les armes ;
- mauvaise gouvernance.
- Les recommandations :
La situation qui prevaut actuellement en Republique Democratique du Congo est
extremement complexe. Elle requiert un examen minutieux et des pistes de
solutions durables. Quelque soit la superiorite' militaire d'une des parties sur
le terrain, il faudrait eviter de traiter le probleme avec legerete'.
Le Groupe Justice et Liberation invite tous ceux qui ont un quelconque pouvoir
au plan national et international a' s'investir dans la recherche de solutions
de fond a' ce qui semble etre un conflit passager ou sectoriel. Une solution
negociee est incontournable, et le dialogue primordial comme dans toute palabre
africaine.
Aux autorites de la R.D.C., aux Forces insurgees, a' la population, aux allies
des belligerants, a' la Communaute' internationale ainsi qu'aux Organisations
Non Gouvernementales, nous recommandons :
1.1 Au Gouvernement de la R .D.C.
- De defendre l'integrite' du territoire national sans pour autant aliener
la souverainete' du pays dans des accords avec ses allies actuels. 2. De
privilegier la resolution pacifique du conflit ainsi que le dialogue en lieu et
place de la logique de la confrontation armee. 3. De respecter et faire
respecter les instruments juridiques internationaux relatifs a' la periode de
guerre notamment en matiere de protection des civils, des etrangers et de
prisonniers de guerre. 4. De faire l'economie des discours xenophobes ou
porteurs de haine dans une Afrique meurtrie par des guerres fratricides.
- D'indemniser toutes les victimes des appels a' la haine ethnique. 6. De
promouvoir une politique internationale qui defende les regles de bon voisinage
et de cooperation bilaterale sans sacrifier l'interet national. 7. D'inscrire la
question de la nationalite' parmi les priorites a' traiter en vue de la
reconciliation nationale.
- De ne pas se refugier derriere " l'agression exterieure " aux fins de
banaliser les revendications pertinentes des rebelles congolais. 9. De renoncer
a' la politique d'exclusion d'autres forces vives de la nation, et en
particulier a' l'egard de l'opposition interne et non-violente.
- De constituer une armee republicaine capable de defendre la nation. 11.
De former, le plus rapidement possible un gouvernement de transition
representatif de toutes les forces vives du pays. Ce gouvernement sera charge'
de l'organisation des elections.
- De commencer a' revenir, des l'arret des hostilites, au schema trace' par
la Conference Nationale Souveraine.
1.2 Aux forces insurgees
- De privilegier la politique du dialogue pour resoudre le conflit qui les
oppose au Gouvernement de Kinshasa.
- De clarifier les engagements pris avec des partenaires exterieurs pour
mener la guerre.
- De presenter a' la population un projet de societe' clair et distinct. 4.
De reparer tous les dommages causes aux personnes et aux biens. 5. De faciliter
l'approvisionnement des villes sous leur controle. 6. De respecter les
instruments juridiques internationaux relatifs a' la periode de guerre.
- De s'abstenir de represailles.
- De rompre avec des strategies de prise d'otages ou de boucliers humains
en habitant parmi les civils chaque fois que pesent sur la ville des menaces de
bombardement.
1.3 la population congolaise
- De reprendre courage et confiance en l'avenir.
- De restituer toutes les armes de guerre ramassees, volees ou distribuees
anarchiquement.
- De resister par des moyens non violents a' celui qui veut conquerir ou
conserver le pouvoir de facon non democratique,
- D'eviter de se faire justice en marge des instances judiciaires ou
d'appliquer la vindicte populaire.
- D'exercer un esprit critique aussi bien a' l'egard de l'intoxication
politicienne qu'a' la " radio trottoir ".
- De ne pas imputer la responsabilite' de la politique d'un pays a' ses
ressortissants qui ont choisi la R.D.C. comme terre d'accueil. 7. D'offrir aide
et assistance saines a' toute personne en danger, quelles que soient son origine,
sa race, sa religion et ses opinions. 8. De combattre la culture de la mort qui
est en train d'elire domicile chez nous contrairement au caractere sacre' de la
vie herite' de nos ancetres.
1.4 Aux allies des belligerants
- De retirer, sans delai, leurs troupes du territoire congolais. 2. De
convaincre leurs allies respectifs (Gouvernement de Kinshasa d'une part rebelle
congolais d'autre part) a' s'asseoir a' la table des negociations et de
s'abstenir de tout acte ou declaration de nature a' raviver la tension sur le
terrain.
2.5 la Communaute' Internationale
- l'Assemblee Generale de l'ONU
1.1 De rappeler sa resolution appelant les forces etrangeres a' se retirer de
territoire congolais et de reaffirmer le respect de l'integrite' territoriale de
la R.D.C. et de l'intangibilite' des frontieres heritees de la colonisation.
1.2 De s'impliquer activement dans les initiatives africaines tendant a'
trouver une solution negociee a' la guerre en R.D.C.
1.3 D'imposer un embargo de ventes d'armes dans la region tant que la paix et
la securite' resteront un leurre.
1.4 D'aider a' l'instauration de la democratie dans la Region en vue de
garantir la stabilite' et la paix, en soutenant des regimes et non des
individus.
1.5 D'organiser une conference internationale sur la paix, la securite' et le
developpement dans la region des Grands Lacs.
1.6 D'assurer aux activistes les droits de l'homme aide et protection. 1.7 De
fournir une aide humanitaire urgente aux populations congolaises; aide
supervisee en collaboration etroite avec des ONG locales. 2. Au Conseil de
Securite' des Nations Unies
2.1 De faire deployer des forces d'interposition entre la R.D.C., le Rwanda,
le Burundi, l'Ouganda et le Soudan et instituer une commission d'observation de
la paix dont feront partie les associations locales des droits de la personne.
2.2 D'examiner la plainte de la R.D.C. sur l'agression de son territoire par
les forces etrangeres et condamner les agresseurs si cette plainte s'avere
fondee.
2.6 Aux ONG etrangeres de developpement et de Droits de l'homme 1. De soutenir
l'idee du Groupe Justice et Liberation d'organiser au mois de decembre a'
KISANGANI, a' l'occasion du cinquantenaire de la Declaration Universelle des
Droits de l'Homme, un forum sur les droits de l'homme, la paix et le
developpement dans la region des Grands Lacs.
- D'assister les ONG congolaises des droits de l'homme dans leur travail
qui devient de plus en plus delicat.
- De continuer les differents programmes de formation ou d'assistance, en
cours d'execution, d'elaboration ou de negociation.
CONCLUSION
Les 45 premiers jours des affrontements armes a' KISANGANI ont ete' marques
par plusieurs cas de violation des droits de l'homme, allant de l'atteinte a' la
propriete' a' l'atteinte a' la vie.
En plus cette periode de 45 jours a permis de decouvrir d'une part le
caractere complexe d'un conflit qui oppose theoriquement le Gouvernement de
KINSHASA et les rebelles, et d'autre part l'imminence de l'embrasement du
continent au cas ou' une solution de fond n'est pas trouvee sur le plan national
et international.
Pour nous, l'unique issu serieusement envisageable est le dialogue et la
revalorisation des acquis fondamentaux de la Conference Nationale Souveraine.
Fait a' KISANGANI, le 18 septembre 1998
- LES AMIS DE NELSON MANDELA. (ANM)
( Province Orientale, Kisangani, le 26 Septembre 1998 )
les faits :
- Denonce la prise ne otage de la ville de Kisangani par le Rwanda et
l'Ouganda Depuis cette occupation jusqu'a' la mise sur pied des autorites
provinciale, le nombre des violations et abus ne cesse de croitre. C'est le cas
de :
- Le 24 aout 1998, la societe' Amex Bois a vu son materiel de productions
(9 moteurs electriques, quelques scies) et son stock de bois emportes par les
militaires Ruandais, ainsi que la residence officielle du Gouverneur de province
qui n'a pas ete' epargnee
- La mise en residence surveillee de Mr. MOKENI EKOPIKANI Raymond,
president de la Federation des Entrepreneur du Congo /P Orientale, pour avoir
decline' l'offre du RCD au poste du gouverneur de la Province. Il lui est aussi
reproche' d'avoir contribue' a' la contre offensive des forces gouvernementales
en vivre avant l'occupation de Kisangani pat les armees rwandaises et
ougnadaises.
Kisangani, le 26 Septembre 1998
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