[21] DONNER LA PAROLE A LA BASE - IVb
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DONNER LA PAROLE A LA BASE - IVb
Date:
Wed, 13 Jan 1999 20:40:35 퍝 (MET)
From:
"serv. informazioni Congosol" <congosol@skyol.it> To:
gruppi 1 2 3 <congosol@skyol.it>
- JUSTICE et LIBERATION ( 23 novembre 1998)
- Etat de lieu de la geurre.
Apres KISANGANI (et BUNIA) les affrontements armes ont gagne' progressivement
toutes les grandes cites de la Province Orientale, notamment ISIRO, BUTA, ISANGI
ainsi que quelques centres des provinces voisines (MANIEMA et EQUATEUR).
- ISIRO
- le 5 du mois d'aout, debut de la chasse aux tutsi et ceux qui leur sont
proches par la morphologie, l'origine, le travail ou l'amitie'. Plusieurs
personnes furent arretees ).
- Le samedi 8 aout, arrivee du renfort, une centaine des May-May, venu de
Kisangani a' bord d'un regulier de la Compagnie CAL, requisitionne' a' cet
effet.
- Le vendredi 28 aout, des personnes arretees sont executees par les
soldats des Forces Armees Congolaises
- En dehors des tutsi, des ressortissants de la Region du KIVU, et plus
particulierement des NANDE, sont pris a' partie. Leurs residences et magasins
ont ete' perquisitionnes sans arret. Dans la meme folie meurtriere. Sur simple
suspicion ou denonciation d'intelligence avec l'ennemi, dix jeunes gens,
vendeurs ambulants de l'huile de palme, sont egorges sur la route reliant
GOMBARI et MUNGBERE. Leurs corps reposent dans une fosse commune creusee a' 50 m
de la grand route.
- le 20 septembre, es troupes ougandaises, sous le parapluie des rebelles,
entrent a' ISIRO apres des combats qui ont cause' trois morts, des blesses, et
des degats materiels ;
- les rebelles ont ravi une voiture Land-Cruiser toute neuve du Centre
Catechetique de NANGAZIZI,
- entre le 27 septembre et le 4 octobre, les rebelles conquierent en
douceur les localites de RUNGU et de NIANGARA que les Forces Gouvernementales
avaient desertees des l'annonce de la chute d'ISIRO pour se retrancher avec les
autres fuyards dans le triangle DINGILA - POKO - ANGO. Les May-May venus de
Kisangani, et envoyes en premiere ligne a' TADU, n'ont pas resiste' aux chars
ougandais. Les survivants ont renoue' avec la vie sauvage en foret.
- rapt des jeunes filles;
- ISANGI
- Apres la chute de la ville de KISANGANI, plusieurs unites des FAC se sont
replies sur Isangi vers le 25 aout 98, en transitant par YAKUSU, YANONGE et
YANGAMBI. Ces militaires s'y sont regroupee dans l'attente des renforts de
Kinshasa via BUMBA.
- faute de renfort de facon significative, Isangi est tombe' le 9 octobre
aux mains des rebelles. Les FAC se replient a' LOKUTU et BASOKO, vers BUMBA et
il n'y a pas eu a' proprement parler des combats a' ISANGI. Les FAC ayant
decroche' sans resistance.
- Plusieurs vol ont ete' comis par les FAC avant l'arrivee des rebelles
dont: une voiture Land-Rover de l'Eveche', une pirogue et deux hors-bord de
l'Eveche', une voiture Land-Rover des Surs Filles de la Sagesse, trois camions
du Groupe Agro-Pastoral (G.A.P), du carburant et lubrifiant de l'Eveche' et du
G.A.P. Ces instruments ont plus ervit pour leur fuite. - la casse du depot de
G.A.P par les rebbelles, l'occupation anarchique des maisons des particuliers et
vol des biens aussi bien a' Isangi qu'a' Yangambi, Yanonge, casse et pillage de
la residence et depot du Directeur de l'INERA (Institut National d'Enseignement
et Recherche Agronomique) - Jusqu'a' ce jour la population encore traumatisee, a
passe' plusieurs jours en foret. Tous les bureaux sont restes fermes jusqu'au 18
octobre. La situation est beaucoup plus grave sur le plan de la sante : rupture
de stock en produit pharmaceutique annoncee par la Pharmacie diocesaine qui en
assurait l'approvisionnement jusque la'
- BUTA
- Avant le mois d'aout, Le commandement militaire de la ville de Buta etait
entre les mains d'un officier congolais, seconde' par un sujet rwandophone. - Le
05 aout, ce commandant second, aide' par 7 autres militaires rwandophones,
proclame la rebellion et met en fuite ses anciens collegues des FAC qui se se
refugient en foret, ainsi qu'une partie de la population dont le personnel
ecclesiastique.
- Le 08 aout, avec l'aide des renforts venus de Kisangani, les insurges
sont neutralises et arretes. Ils sont jusqu'a' ce jour portes disparus. - Le 23
aout 98, chute de la ville de Kisangani, certains elements des FAC se replient
a' BANALIA et plus tard a' BUTA d'ou' ils recevront des renforts de Kinshasa. Au
total 7 compagnies composees de 1.000 hommes de troupes dont les elements du
G.S.P.P. (Groupe Special de Protection Presidentielle). Hormis de cas isoles
d'exactions, la population ne leur reproche rien de majeur.
- Le dimanche 6 septembre, les FAC affichent une toute petite resistance a'
MAMBO, mais decrochent tres vite enordre disperse', certains ayant revetu le
costume civil.
- Le lundi 7 septembre, les rebelles, en majorite' ougandais, entrent a'
BANALIA. Ils ont pris la phonie de la mission catholique - en signant une
decharge - qu'ils n'ont pas encore rendue jusqu'a' ce jour. - Le samedi 3
octobre, la bataille decisive a' 49 Km de BUTA s'engage, les FAC decrochent. 6
blesses, dont un seul cas grave, sont transportes d'urgence a' l'Hopital General
de BUTA.
- Le dimanche les FAC s'enfuient emportant leurs camarades blesses . - Le
lundi 5 octobre BUTA passe sous controle des Forces insurgees, sans combats.
- contrairement a' la declaration fait sur RFI, AKETI a ete' pris par les
rebelles ougandais commandes par un certain JEFRRY alors que Mr BEMBA se
trouvait a' Kisangani. C'est deux jours plus tard qu'il a rejoint le front a'
bord d'un helicoptere de l'armee ougandaise.
- depuis le 08 novembre, la population des Buta vit dans l'angoisse a'
cause des bombes larguees par des avions des Forces Gouvernementales ces jours
dans les environs de l'aeroport. Il n'y a pas eu des pertes en vies humaines3
- discrimination ethnique a' Buta et ses environs, sur le plan des droits
de l'homme : des cas d'atteinte a' la vie, a' la propriete', a' la securite'.
Ces exactions sont l'uvre de Troupes Gouvernementales, des Forces rebelles et
de la population.
- BUNIA
- 15 aout, chute de BUNIA, une semaine avant celle de KISANGANI. La vie n'y
est pas toujours totalement repris depuis lors. Plusieurs magasins sont fermes,
le trafic aerien entre BUNIA et KISANGANI transite par GOMA. La population est
indistinctement hostile a' la presence des rebelles, bien que le peuple HEMA
(nilotique) qu'on dit proche de Tutsi soit une des ethnies importantes de BUNIA.
- les actes de pillage commis dans certaines contrees de BUNIA sont l'uvre
des militaires. Ces actes sont intervenus plusieurs semaines apres la prise
officielle de BUNIA par les rebelles.
- BUMBA
- Deserte' par les tchadiens apres les deboires de DULIA et d'AKETI, BUMBA
fut abandonne' aux militaires congolais, decourages et en debandade. Quelques
elements des Les FAC ont soumis la ville a' un pillage systematique de trois
jours, du 9 au 11 novembre. Ils ont detole' les maisons, le couvent et le depot
des Peres Scheutistes ont ete' pilles et vides meme des biens destines a'
d'autres dioceses. Ce pillage a ete' desapprouve' par une grande partie
d'elements des FAC qui ont essaye' de dissuader, sans succes, leurs collegues.
- le 17 novembre, prise de Bumba par les rebelles qui s'etaient approches
depuis le lundi 9 novembre jusqu'a' 25 Km. C'etait sans affrontements directs,
et avant BUMBA, les rebelles avaient en douceur pris egalement la localite' de
LOLO le vendredi 13 novembre. C'est sur ordre de KINSHASA que les FAC se sont
retires de BUMBA pour MBANDAKA dans le but d'eviter les deboires d'AKETI et
mettre a' l'abri le materiel lourd dont ils disposaient.
- UBUNDU - PUNIA - KINDU
- mi-septembre, prise d'Ubundu. Mais auparavant des combats legers ont ete'
signales a' environs 60 Km de Kisangani et a' Ubundu meme des echanges des tirs
avaient cause' quelques degats materiels.
- prise de Punia dans la province du MANIEMA, apres celle d'Ubund par les
rebelles. La jonction des rebelles venant de ce centre minier et d'UBUNDU a
abouti a' la chute de KINDU vers le 10 octobre, a' l'issue des combats tres
violents et meurtriers. Les affrontements a' KINDU et autour de KINDU ont dure'
10 jours.
- Le 03 octobre 98, destruction d'un avion civil de la Compagnie CAL
transportant des civiles par un missile des Forces rebelles. L'avion venait de
decoller pour KINSHASA. Mais une controverse a longuement oppose' a' ce sujet le
Gouvernement de Kinshasa et la rebellion les passagers a' bord. - Principale
violation des droits de l'homme a' KINDU consiste en la non protection de civils
pendant la periode des conflits armes.
- KISANGANI
De facon globale, la vie a' Kisangani (comme dans certaines contrees conquises
par les rebelles) est caracterisee par:
- Un climat d'insecurite' quoi que decroissante et uvre des elements
militaires pour la plupart des cas et des May May dont onignore le sort apres
avoir ete' escortes par des militaires
- Des perquisitions frequentes de la part des policiers et des militaires
a' la recherche des minitions et d'armes de guerre. Il s'en suit par fois de
tueries des fugitifs, de vol et pillage par ces elements armes que certains
officiers repriment severement
- Mefiance generalisee a' l'egard de la rebellion. La population de
Kisangani est, dans son ensemble, tres mefiante, voire hostile a' l'egard de la
rebellion, surtout envers la composante rwandaise. Elle tolere encore, mais sans
l'adopter, la composante ougandaise de la rebellion qu'elle qualifie de
disciplinee, et sans ambitions expansionnistes. Par ailleurs, elle considere la
composante congolaise comme un assemblage de girouettes, sans pouvoirs precis ni
moyens consequents. " Elle accorderait du credit aux reproches que les rebelles
congolais adressent au Gouvernement de Kinshasa s'ils renoncaient a' vouloir
"vendre le pays aux rwandais". "
- Les faux bruits et la radio-trottoir de mauvais gout. Des nouvelles de
tout genre, surtout contre la rebellion, se vendent facilement. Une rumeur de
plus en plus repandue fait etat d'anthropophagie dans les milieux des rebelles
rwandais. Ces rumeurs traduisent l'etat d'esprit de la population et sa
desapprobation de la rebellion malgre' une resignation apparente. 5) Le desordre
sexuel et la menace du sida. Les rebelles se comportent a' Kisangani comme des
chasseurs enrages des jeunes filles que la misere met sur leur route. Pour 10 $,
payes parfois difficilement, une pauvre fille supporte jusqu'a' 10 clients se
relayant sans arret. D'aucuns n'ignorent que le milieu environnemental de la
plupart de rebelles est une zone a' prevalance elevee du sida. L'avenir de la
societe', jusque dans l'intimite' des gens, se trouve ainsi compromis par une
guerre inutile. 6) L'arbitraire du RCD. Certains actes des animateurs du RCD
rappellent parfois le temps du MPR de Mobutu : arrestation du Che de service de
la RTNC/Kis
angani par des elements da la PIR (Police d'Intervention Rapide) pour n'avoir
pas diffuser un communique' du RCD (du 04 au 08 octobre). La RTNC/Kisangani est
devenue un instrument de matraquage et de torture mentale qui diffuse des
discours totalitaires et intolerant.
Pendant ces quatre mois de guerre, les violations des droits de la personne ont
ete' enormes. Mais aussi enormes et tragiques sont les consequences qui en
decoulent au grand desavantage des populations. Ii est difficile d'evaluer a'
l'heure actuelle le nombre effectif des morts.
- Consequences de la Guerre. ()
- Sur le plan politique
- Aux portes d'une dictature feroce : il y a lieu de craindre la fin des
hostilites par une victoire militaire de l'une des parties, vu que les
nombreuses initiatives de mediation n'ont rien produit de substantiel, - Risque
d'enterrement definitif du processus de democratisation actuelle par la victoire
militaire de l'une des parties. Le vainqueur aura tout vaincu : il aura vaincu
son adversaire, il aura vaincu la population, il aura vaincu la democratie, et
il n'aura pas instaure' la paix. - Les memes causes produisants les memes effets,
Mr KABILA a pris le pouvoir par les armes, et les " rebelles " ayant recouru
aux armes pour faire entendre leur voix : ils attendront les armes pour partir.
Si KABILA gagne la guerre, il renforcera sa dictature. Si les rebelles
l'emportent, leur intolerance actuelle laisse presager un regime autocratique a'
l'image des pays inspirateurs de leur mouvement.
- Politique d'exclusion et paralysie des activites politiques : Chacune des
parties en guerre n'ecoute que ceux qui partagent son opinion et ses vues. Celui
qui s'en eloigne ou raisonne autrement risque la mort, la prison ou la
revocation. En RDC biparti, la politique d'exclusion est en train de devenir la
regle et le mode de gouvernance..
- Sur le plan social. ()
- La suspicion mutuelle et le manque d'harmonie
- L'opportunisme et l'aventurisme pour se positionner dans la Societte'
comme dans le temps de la deuxieme republique
3 Sur le Plan economique. ()
- Il faut reconnaitre ici que Kinshasa a marque' un pas en avant dans la
maitrise de la parite' du dollar - monnaie locale. Ceci a induit une accalmie
relative des prix. Cependant :
- La Guerre du RCD a d'une part brise' l'elan de la reconstruction, et
d'autre part aggrave' une situation deja' preoccupante.
- Recommandations
L'actuelle Guerre du Congo est au vrai sens du mot une Guerre des rebelles qui
trouvent les raisons de l'usage de la violence dans l'alibi democratique.
Aux belligerants,
Aux allies des belligerants,
A la population
A la Communaute' Internationale,
A l'ONU,
A l'OUA,
Le Groupe Justice et Liberation recommande
- de privilegier le bien-etre de la population,
- d'ecouter le peuple, le souverain primaire,
- de rechercher une solution negociee.
- Les interlocuteurs: les negociations devront privilegier trois cercles:
la population via la Societe' Civile, les forces politiques non-violentes, et
les belligerants (les Etats et les rebelles compris).
- La mediation: pour le moment une mediation efficace comporte trois
volets: militaire, politique, et social. Sur le plan militaire, le deploiement
rapide d'une force d'interposition est incontournable pour arreter les
hostilites, et ouvrir la voie aux negociations politiques. Le volet politique
examine les revendications de chaque partie. Le volet social, qui durera peut
-etre des annees, est une prise en compte de la securite' et des interets de la
populations ainsi que son implication dans la voie de la cohabitation pacifique.
- La matiere a' debattre: ll faudra hierarchiser la matiere a' debattre.
Parmi elles: la nature du conflit congolais relatif a' l'invasion et
l'integrite' des territoires, a' la nationalite', aux frontieres et a' la
democratisation. Deuxieme matiere : les interets des pays voisins et allies aux
belligerants ; et enfin les interets des populations. La nature du conflit
comprend des problemes Si la democratisation peut etre
Fait a' Kisangani, le 23 novembre 1998
La guerre du Congo a' Kisangani et les droits des peuples ( Justice et
liberation, 2 janvier 1999).
Recommandations.
Le Groupe Justice et Liberation continue a' considerer cette guerre comme
absurde et inutile. La facture en est lourde pour tous les peuples des pays des
Grands Lacs. Ces peuples doivent se ressaisir et envisager de creer une nouvelle
C.P.G.L.
La volonte' d'offrir un autre avenir a' nos enfants doit permettre de venir a'
bout des difficultes les plus grandes. La guerre n'est donc pas une fatalite'
puisque le Congo a toujours ete' terre d'accueil pour les freres de l'Ouganda,
du Rwanda et du Burundi et vice - versa. Nos peuples ont toujours vecu en
freres.
Aussi, le Groupe Justice et Liberation recommande-t-il:
- A l'ONU et a' l'OUA
- D'empecher le massacre des hutus par la minorite' tutsi ; - De faire
pression sur l'Ouganda, le Rwanda et le Burundi en vue d'un retrait rapide de
leurs troupes du territoire de la RDC ; - D'identifier les concepteurs
occidentaux de cette guerre et de les dissuader de jouer aux pyromanes de
l'Afrique et de ses peuples ; - De soutenir, dans les pays des Grands lacs,
l'instauration d'institutions democratiques ;
- De n'excuser la violence d'aucune des parties en conflit pour briser le
cercle vicieux de la violence et prevenir une nouvelle vague de violence - De
dissuader tout individu ou groupe d'individus qui prone la prise du pouvoir par
les armes, la colonisation, l'exploitation ou l'extermination d'un peuple par un
autre ;
- D'amener KABILA, KAGAME, MUSEVENI et BUYOYA a' dialoguer pour regler
progressivement le contentieux qui les oppose et ceci dans la verite' et le
respect des Conventions internationales;
- De deployer une force d'interposition en RDC .
- Au Gouvernement KABILA
- De defendre l'integrite' du territoire national par la voie diplomatique
puisque c'est la seule voie susceptible de limiter les violations des droits des
citoyens et des peuples et la seule porteuse d'avenir pour l'Afrique Centrale ;
- D'examiner le cahier des charges que la rebellion a retenues contre lui
et de rassembler tous les fils et filles de la RDC pour la reconstruction
nationale ;
- De promouvoir la reconciliation du peuple congolais avec les peuples du
Rwanda ,de l'Ouganda et du Burundi ;
- D'eviter les bombardements aveugles des territoires occupes par les
rebelles pour epargner la vie des populations civiles ;
- De consulter, autant que faire se peut , le peuple congolais sur la
politique a' suivre dans les matieres touchant sa securite' et ses relations
avec ses voisins ;
- D'accepter la Societe' Civile comme partenaire incontournable dans la
recherche des solutions durables au conflit ;
- d'accepter le consensus comme seul voie de reconciliation des fils et
filles du Congo.
- Aux allies du RCD
- De se garder de toute ingerence dans les affaires interieures du Congo et
de retirer rapidement leurs troupes de la RDC ;
- De se garder de tout pillage des richesses et des ressources naturelles
de la RDC et d'indemniser les populations congolaises;
- De promouvoir la reconciliation et la cohabitation pacifique des Hutu et
des tutsi dans leurs pays respectifs;
- D'arreter le processus de balkanisation de la RDC;
- De promouvoir la politique du bon voisinage dans la Region des Grands
Lacs.
- A la Societe' Civile congolaise
- de renforcer sa cohesion interne et sa solidarite' organique avec le
peuple congolais comme au temps de la CNS ;
- d'aider le peuple a' depassionner le debat sur la nationalite' ; - de
promouvoir les mecanismes de controle des responsables par la base dans le souci
de sauvegarder la democratie au sein de la societe' civile ; - de negocier avec
le pouvoir la pratique effective du consensus en RDC; - de consacrer le principe
des convergences paralleles dans les echanges en vue d'une cohabitation
pacifique;
- de resister a' toutes les formes de corruption.
- Au Peuple congolais
- de ne pas ceder au defaitisme , au minimalisme, a' la panique, au
tribalisme ( si meurtrier pour l'Afrique) et a' la xenophobie ; - d'empecher le
Chef de l'Etat de decider seul de notre destinee ; - de faire connaitre son
opinion aussi bien au Chef de l'Etat qu'aux rebelles ; - de resister par tous
les moyens a' tous ceux qui violent impunement ses droits les plus sacres et qui
vendent le pays aux encheres, d'ou' qu'ils viennent et quel que soit leur
statut.
- Aux peuples freres des pays agresseurs
- de faire pression sur leurs gouvernements respectifs pour le retrait
rapide des troupes envoyees en RDC;
- de faire pression sur leur gouvernement pour promouvoir l'Etat de droit
sans lequel les crimes contre l'humanite' vont continuer a' etre perpetres,
faisant de l'Afrique Centrale une terre maudite et sans securite'; - de se
rappeler que le Congo a toujours ete' terre d'accueil aussi bien pour les hutus ,
les tutsi que pour les autres ethnies de leurs pays; - de promouvoir dans leur
pays la convivialite' entre les groupes ethniques, malgre' le sang verse' de
part et d'autre.
- Au RCD
- de faire preuve de retenue et de patriotisme;
- d'empecher le pillage des richesses nationales au profit de ses allies ;
- de presenter un projet de societe' qui traduise sa volonte' de contribuer au
redressement de la nation.
C O N C L U S I O N
La Guerre du RCD a fondamentalement viole' les droits des peuples qu'elle
entraine par ailleurs dans un cycle infernal de violences.
Une solution negociee reste la seule voie indiquee pour sortir de cette spirale
qui causera a' la longue plus de mal que de bien. Des peuples entiers sont
dresses les uns contre les autres, et chacun se trouve des mobiles puissants
pour nourrir sa soif de vengeance et se faire justice a' soi-meme. Entre-temps
les negociations pietinent et sur le terrain des peuples innocents en patissent.
Puissent ceux qui ont une quelconque parcelle de responsabilite' revenir a' la
raison et epargner au continent africain un prejudice dont la reparation
sacrifierait plusieurs generations.
Fait a' Kisangani le 02 janvier 1999
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